a-la-recherche-de-aidaCe coup-ci, je la fais courte, promis. Non pas que le texte soit dépourvu d’intérêt, mais cinquante pages se chroniquent vite.

Partons loin vers l’été 1998 et un festival de théâtre à Saint-Denis où ladite pièce dont je vous montre la couverture plus haut a été montée. Je crois être vachement partagée, là-dessus, en fait. Sur la pièce, hein, pas sur le théâtre.
Une femme en attend une autre à Beyrouth, très bien. Crois la reconnaître dans le public (jusqu’à ce qu’on aille se demander, à la lecture, si la femme et le public ne forme pas qu’une seule entité), et se plante, ne la voit pas, s’excuse, et commence à se barrer avant de finalement revenir nous parler de la dame avec qui elle a confondu le public.

Et le récit qu’elle nous en fait, même si tout n’est pas a jeté, pose la question du rapport avec le rendez-vous qu’elle semblait avoir.
L’histoire d’Aïda, l’absente de la pièce, passe par la Palestine, la surprise de la guerre, sa fulgurance, l’errance qui suit, et soulève vaguement plein de questions et de problématiques presque sans s’en apercevoir. Mais la construction aussi, interroge. Le changement de ton entre la femme qui s’excuse de t’avoir pris pour quelqu’un d’autre et la soudainté du récit de sa vie est assez brutale, et même si la narration est omise puisqu’il s’agit de théâtre, une transition n’aurait pas été dégueu.

Pour le reste, certes, les rimes sont faciles et lancinantes, mais la puissance du texte est sans doute décuplée s’il est monté, avec une mise en scène et une comédienne pour monologuer. Certes, les rimes passent mal à la lecture tant elles manquent de finesse et de recherche littéraire (des rimes en a… Bon.), mais le théâtre bénéficie d’un bonus incroyable qui permet certaines faiblesses au texte quand il s’agit de le lire.
Le théâtre n’est pas fait pour la lecture, et la majorité des dramaturges, même classiques, ne cassent pas des briques quand on est devant du papier. L’histoire racontée par Jalila Baccar est forte, et demande une scène. L’éditer est un bonus incroyable pour le texte, et il s’agit d’utiliser ce biais pour faire vivre la pièce encore et lui octroyer le droit d’être montée encore, bien après sa création en 1998 à Saint-Denis (où a été crée un autre truc costaud en juillet, pardon, mais il fallait que je la place) et pour le coup, ne vise pas la transmission au lecteur. Il y a un échelon en plus, sur cette discipline.
La transmission de dirige davantage vers le metteur en scène ou le théâtreux de tout poil pour qu’elle parvienne au public à une autre époque plus qu’au lecteur. D’où, bon, hein, oh.