13 octobre 2009
Des hommes
Autre sélectionné pour le prix du livre extraordinaire, sélection française, Des hommes est un livre qui nous parle des blessures de la guerre. Blessures qui ne se referment pas et qui à tout moment, peuvent ressurgir.
A lire ce début on pourrait comparer Démon et Des hommes. On parle de la guerre, elle marque à vie. Mais la ressemblance s'arrête là. Démon est la démarche d'un fils qui ne l'a pas connu et qui cherche à comprendre la souffrance des abandonnés, une démarche de journaliste/homme pour qui le fait ne suffit plus et que rien ne parle plus que l'expérience, le vécu.
Des homme est au contraire le récit très personnel d'hommes qui ont vécu le traumatisme de la guerre. Qui ne s'en sont jamais vraiment remis. Pas de pourquoi cette guerre ou de raison à la violence des hommes. Mais une évocation très forte, avec précision et force de détail, de cette expérience de la guerre, de la guerre d'Algérie. De ces ennemis introuvables, des horreurs commises.
Et ce sont parfois des détails, des mots qui s'échappent, pour que ressurgisse le spectre de la guerre qui n'a jamais fini de hanter ces hommes.
Il y Rabut, qui nous raconte cette histoire, son cousin Bernard "mort" en Algérie et qui est devenu Feu de bois, homme brisé et assisté.
Tout commence une soirée d'hiver. L'anniversaire de Solange, sœur de Feu de bois, et un cadeau mal perçu pour la famille pour que tout dégénère. Pour nous replonger dans cette guerre passée et pour ces hommes, toujours présente.
Il faut reconnaître que Mauvignier sait rendre l'évocation frappante. Le talent littéraire est certain. Le ressentiment, la douleur, l'attente... sont retranscrit avec une force évidente et un brin de mélancolie.
Par contre, pour ceux qui ne sont pas sensibles à ces "blessures" de guerre, à ces récits très "intérieurs" passez votre chemin. Pour les autres, vous apprécierez le talent de Laurent Mauvignier.
Ravhin/l'afghan.
11 octobre 2009
Sélection étrangère du prix du livre extraordinaire !!!
1) La reine des lectrices, Alan Bennett, Denoël:
Une farce sur le pouvoir
subversif de la lecture. La reine d'Angleterre se découvre par hasard
un goût pour la lecture. Rien n'arrête son appétit dévorant et elle en
vient à négliger ses engagements. Du valet de chambre au prince Philip,
tout Buckingham grince des dents tandis que cette passion royale
bouscule le protocole.
2) Culte, Lyubko Deresh, Stock:
Yurko Banzaï est un professeur de
biologie inexpérimenté, amateur de culture underground et consommateur
de drogues en tout genre. Il remarque Dartsia Borges, jeune femme
timide et rejetée par tous. Très vite, des phénomènes étranges se
produisent à Midni Bourky, cette ville perdue des Carpates : des hiboux
envahissent la ville, des gens disparaissent et une épidémie de grippe
gagne le collège.
3) L'enfant des colonels, Marias Fernando, Cénomane:
Le
testament d'un homme démoniaque qui manipule la vie des autres et la
violence qu'engendre la dictature des colonels dans la république
imaginaire de Léonito constituent la trame de ce roman, qui se présente
comme une constante succession d'énigmes. Prix Nadal 2001.
4) San'kia, Zahar Prilepin, Actes sud:
Un portrait de la jeunesse russe
révoltée. San'kia, Sacha, se réfugie chez son grand-père après une
manifestation qui a mal tourné. Son père est mort à cause de l'alcool
et sa mère, qui travaille dur pour un salaire de misère, ne comprend
pas ses aspirations révolutionnaires.
5) Firmin, Sam Savage, Actes sud:
A Boston, dans les années 1960,
Firmin est un rat des villes friand de grande littérature, qu'il dévore
au sens propre comme au figuré. Dans les caves d'une librairie au bord
de la faillite, il doit faire face à la réhabilitation du quartier, qui
menace de détruire son univers.
6) Conseils d'un disciple de Morrison à un fanatique de Joyce, Bolano Roberto / Porta Antonio Garcia, Bourgois:
Ángel Ros aime le danger, Joyce et les
Doors. Le temps d'un été à Barcelone, ce
jeune écrivain en devenir s'éprend d'Ana,
une Sud-Américaine excentrique, qu'il suit
comme son ombre jusqu'aux extrémités
les plus sombres où sa folie l'entraîne.
Dans son errance suicidaire, ce couple à
bout de souffle va s'aimer, se perdre, jouer
avec sa vie et celle des autres, terroriser
et massacrer absurdement en quête d'une
improbable issue. omment Ana échappera-t-elle à cette
plongée dans les bas-fonds du crime ?
Ángel réussira-t-il à écrire son roman
joycien tandis que résonnent les dernières
notes de The End de Jim Morrison ? Ce livre est un jeu avec
l'érudition, la noirceur, la rage, l'humour et la
mélancolie.
7) L.A. Story, James Frey, Flammarion:
Quatre destins permettent de
tisser l'histoire de la ville de Los Angeles : Esperanza, petite-fille
d'immigrés mexicains ; Amberton, acteur narcissique et coqueluche des
studios ; Dylan et Maddie qui ont déserté l'Ohio pour échapper à la
violence familiale ; et Joe, amoureux de sa bouteille et de sa liberté.
Précisions quelconques sur L.A. Story: (ce dernier livre est un ajout de dernière minute car après reflexion, il le mérite. Un bon livre n'est-il pas celui qui vous marque, vit encore après la lecture ou, influence votre façon de voir? Los Angeles me fascine. C'est la ville des superlatifs et il est vrai que la littérature ayant pour cadre L.A est assez nombreuse et vraiment intéressante. Ellroy n'y a t'il pas écrit un célèbre polar sur une jeune femme assassiné, fait qui a défrayé la chronique? Parmis les livres récents beaucoup encore prennent pour cadre L.A. J'ai presque envie de faire une sélection spéciale L.A tellement la production est passionante sur ce sujet: nouvelles, romans, polars, essais... Même de ceux qui y voyage les récits divergent. Interessante, superficielle, folle, démeusurée, tentaculaire, obsédée du cinéma... On y vit le rêve américain, on y désespère...
L.A. Story a participé à cette vision fascinante que j'ai de cette ville. Je crois donc qu'il est normal de le faire paraître ici.)
Le jury va se réunir, devoir boire encore quelques coups pour tenter de trouver un lauréats, c'est dure libraire, puis se consoler de n'avoir pas nommé les autres. Et comme on est extraordinaire, sisi, on se donne le droit de modifier la liste, d'en rajouter et, de décerner le prix à la date que l'on voudra. On prendra la peine toutefois de vous avertir, parce qu'on est sympa quand même.
Ravhin l'afghan.
10 octobre 2009
Démon
Mélangeant le récit autobiographique, le reportage, la réflexion historique, Thierry Hesse nous a produit un livre bouleversant et épique. Une mise en abîme des blessures et des oubliés de l'Histoire.
Trois jours m'ont suffit pour dévorer ce livre. Logiquement, il figure sur la liste du prix du livre extraordinaire.
Démon est le récit d'une expérience assez personnelle. Celle de pierre Rotko, journaliste, qui a perdu le contact avec son père Lev, exilé de l'URSS qu'il avait fuit la nuit de la mort de Staline. Homme nostalgique de l'URSS mais vivant à l'occidentale, Jamais ce dernier ne parlera de son passé. Mais un jour, il insiste auprès de pierre pour lui parler de ce qu'il avait toujours caché et refoulé: son passé sous le régime communiste, l'assassinat de ses grand parents juifs par les nazis, sa fuite en occident... Cette révélation va littéralement bouleverser pierre qui éprouvera le besoin viscéral de connaître l'histoire de sa famille.
Mais cela ne suffira pas. Au delà du savoir, il est une chose irremplaçable. Le vécu. Pierre va alors suivre son démon et partir. Non pour la Russie, terre d'origine de sa famille. Mais dans un lieu où comme à l'époque de ses grand parents, on oublia un peuple dans la tourmente de la guerre, à Grozny, en Tchétchénie.
L'histoire de la famille de Pierre est donc un prétexte. Prétexte pour faire l'expérience de l'abandon. Prétexte pour voir l'Histoire dans la peau des oubliés, des juifs en russie, la mort de Staline, le sort des Tchétchènes, la prise d'otage dans un théâtre russe...
Alternant le récit au présent et celle du passé, Thierry Hesse livre un tout passionnant et cohérent. Un livre qui tient plus du témoignage et du "quelque chose à apporter". Ne cherchez donc pas une réponse aux grandes questions de l'Histoire, mais une démarche profonde transformant l'histoire en récit, le récit en vécu.
Ravhin/l'afghan.
08 octobre 2009
Sélection française du livre extraordinaire !
Et voici en exclusivité, la sélection française!!!
1
2
3
4
5
6
1) On ne boit pas les rats-kangourous, Estelle Nollet:
Dans un hameau perdu dans le désert, deux boutiques, une épicerie et un café où les habitants se retrouvent chaque soir. Rien de nouveau ne se passe jamais et personne ne peut sortir de ce pays marqué par la saleté, la chaleur et l'ennui. Willie, 25 ans, y est né et ne connaît rien d'autre. Un jour, il s'interroge sur les raisons qui ont poussé certains à venir ici. Premier roman.
2) Des hommes, Laurent Mauvigner:
Ils ont été appelés en Algérie en
1960. Deux ans plus tard, Bernard, Février, Rabut et d'autres sont
rentrés en France. Ils se sont tus, ils ont vécu leurs vies. Mais
parfois, il suffit de presque rien, d'une journée d'anniversaire, d'un
cadeau qui tient dans la poche, pour que, quarante ans après, le passé
fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier.
3) Les veilleurs, Julien Message:
Nexus, jeune marginal, tue de
sang-froid, sans raison apparente, trois passants croisés dans une
ville imaginaire, Regson. Amnésique, condamné à perpétuité, il laisse
les psychiatres perplexes. Les recherches sur sa personnalité
reprennent quand Rilviero est chargé d'enquêter sur un possible complot
politique dont Nexus aurait été le bras armé. Premier roman.
4) Match aller, Julien Capron:
Le
club de rugby de Volmeneur joue le premier match de la saison. A la fin
de la rencontre, un corps carbonisé gît dans les vestiaires.
L'enquêteur Fénimore Garamande se retrouvera aux trousses de l'assassin
de l'Olympe, un tueur en série qui reproduit les scènes les plus
sanglantes de la mythologie.
5) Saisons russes, Ehnuel Florence:
A 40 ans, la narratrice a le
désir d'apprendre une nouvelle langue pour connaître dans le détail les
sensations exactes par lesquelles une langue va s'inscrire
naturellement dans son corps et le nourrir en profondeur pour
consolider sa personne entière. Elle rencontre Iouri, un professeur de
russe, qui n'a aucun mal à saisir le sens de cette démarche.
6) Démon, Thierry Hesse:
Pierre Rotko apprend par son père, après des années de silence, l'histoire de ses grands-parents, Franz et Elena, des Juifs russes assassinés par les nazis, mais aussi son exil en 1953. Pierre quitte alors tout pour entreprendre des recherches. Il se rend à Grozny, une ville de Tchétchénie en pleine guerre, afin de faire l'expérience des abandonnés de l'Histoire.
Voici la sélection Française de la confrérie des libraires extraordinaires.
Le jury va maintenant se réunir. Il se réserve aussi le droit de modifier la liste à tout moment.
Ravhin.
30 septembre 2009
C'est de saison!
On en parlait depuis longtemps et enfin on s'est décidé à le faire!
La confrérie des libraires extraordinaires lance à partir de ce mois d'octobre 2009, le prix du livre extraordinaire.
Pourquoi ce prix? D'abord, parce que ça nous amuse de rechercher des bons bouquins (on est libraires après tout et c'est un peu le rôle du métier...) et de débattre entre nous, ce qui nous promet des soirées animés et arrosés...
Ensuite, dans cette période de prix littéraires nous avions, nous aussi, envie de vous faire partager nos choix de lectures et de récompenser le livre de l'année 2009.
Que récompense ce prix? Tout d'abord, précisons qu'il y aura deux listes. Une pour les romans français, une autre pour les romans étrangers. Le choix des livres se fait sur l'année écoulé. En gros, de octobre 2008 à octobre 2009. Chaque libraire extraordinaire, à l'aide d'autres libraires ou non, choisit les meilleurs livres sortis durant la période donnée, le comité exécutif de la confrérie se réunira le nombre de fois nécessaires pour élire, dans chaque catégorie, le meilleur livre de l'année.
La publication de la liste des nominés ne devraient pas tarder. D'ici la fin de la semaine cela devrait être publié. La remise du prix devrait avoir lieu fin octobre/début novembre. Nous vous avertirons dès qu'une date définitive sera décidé!
Ravhin/l'afghan.







