La Confrérie des Libraires Extraordinaires

"Le libraire est l'ami du livre; pas de tous les livres, mais de ceux qu'il considère assez pour les transmettre aux lecteurs." Tahar Ben Jelloun

24 septembre 2009

Ellroy, pour changer tiens!

american_death_tripSecond volé de la trilogie Underworld USA, il continue sur la lancé du premier! La même écriture coupé au rasoir, la même brutalité et pourquoi pas? La même réalité.
L'histoire est connu. Enfin, l'histoire officielle. Mais dans l'ombre, les évenements et les conspirations s'enchaînent. Kennedy John est mort. Kennedy John est de l'histoire ancienne. Portrait des coulisses de l'histoire américaine des années 63 à 68. Robert Kennedy, Martin Luther King, la CIA, le KU KLUX KLAN, la mafia, le vietnam...

 

C'est ces hommes de l'ombre que nous suivont, "héros" involontaire d'une histoire qui les dépassent!
Littel, l'avocat ancien FBI, ancien fan de robert kennedy, désormais avocat de la mafia.
Pete Bondurant, tueur de la mafia et désormais ami de Littel. On en vient même à l'apprécier...
Wayne Tredow, ex flic, haineux, n'arrive pas à se défaire de la "présence" de son raciste de père, adepte de la propagande anti-noir, pote de hoover patron du FBI.

 

On apprécie toujours autant le rythme qui va à l'essentiel, l'ambiance violente et noir à la ellroy, le ton "cru" très bon échos du réel.

 

Portrait noir d'une époque. L'amérique des années 60. (y'avait pas que des hypies!)

 

Pour ceux qui trouverai le tome trop épais, rassurez vous, ce type de livre peut se lire en plusieurs fois.



29 juillet 2009

Trévanian règle ses comptes

shibumi_de_Tr_vanian   J'avais eu pas mal de bons échos sur ce bouquin. Même eu un client qui était venu commander "Sanction" un autre polar/thriller, de Trevanian, qui a été adapter au cinoch par Mr Eastwood. Un film raté en comparaison du livre m'a t-on dit (quelle surprise!).

Alors je me suis décidé. J'ai acheté Shibumi.

Tiens, je vais être direct. Shibumi est un bon polar, mais c'est aussi un excellent polar raté. Un peu de déception au final, comme pour un gosse ayant de grosses capacités mais les gâchant on sait pas trop toujours comment.

Le début était prometteur.

Une opération foiré de la CIA sous le contrôle d'une "Mother compagnie" obscure et inquiétante risque d'avoir de fâcheux effets secondaires. La "Mother compagnie" risque en effet de devoir faire face à son ancien ennemi, Nicholai Hei, le tueur le plus doué du monde. C'est l'occasion pour nous de nous pencher sur l'histoire de cet homme hors du commun. Cette partie du roman est passionnante. le suspense est maîtrisé, la profondeur des personnages les rends plus qu'intéressant, une critique violente de la société occidentale ressort, Bref, on sent qu'il va y avoir quelque chose de fort.

Et puis des longueurs s'installent, on perd l'entrain du début. Il y a quelques passages qui aurait mérité d'être raccourcis ou supprimés car complètement déconnectés de l'intrigue et du récit (sauf peut être pour les amateurs forcenés de spéléologie)... Les critiques de la sociétés tombent un peu trop dans les clichés (Les américains sont ceci...les français cela...tout ce qui est américains est mauvais...ex...) On se dit que Trévanian, qui vivait désormais au pays basque comme son héros Nicholai Hei, règle ses comptes. C'est un peu dommage. Ce qu'il dit n'est pas complètement faux ou dénué d'intérêt, mais y perd en qualité.

Je suis beaucoup moins dithyrambique (cf dico:                     excessivement louangeur) qu'Aurore: Voir sa critique de shibumi, mais je vous le répète, je suis un peu sévère. Trévanian sait écrire. Mais Shibumi, même s'il reste quand même un bon polar, n'est peut être pas ce qu'il a fait de mieux. Préférez peut être Sanction pour découvrir l'auteur.

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03 avril 2009

Australia Underground

Australia_Underground   Quoi?!! Encore un polar actes sud?? (je vous entends déjà...) Mais vous n'auriez pas tord. De toute manière je mets un peu le polar de côté et me replonge dans la Sf (avec le cycle de fondation, Asimov).

  Commencer Australia Underground juste après Ellroy est assez étrange. C'est comme un choc culturel et il faut quelques jours pour s'y habituer. Ellroy vous fous la tête si loin sous l'eau qu'il vous faut pour remonter quelques palliers de décompressions. Mais une fois remonter et que l'on prend la mesure d'Australia Underground, on l'apprécie. On l'apprécie même beaucoup!

  Avec Ellroy on a la face caché d'un monde, son côté sombre mais réel. Avec Mc Gaham on a ici plutôt un côté militant, une interrogation sur le délire sécuritaire, entendez par là la perte de notre liberté en échange de notre sécurité. Australia Underground est complétement fictif. Son action se déroulant dans le futur nous montre un avenir possible, mais surtout, nous fait entrevoir une évolution. Vers quoi notre société peut se diriger. Andrew Macgahan va même plus loin, il nous montre même que cette sécurité n'est qu'un leurre, un hochet que l'on agite devant nos yeux pour nous contenter.

  Je vous avoue avoir dévoré assez frénétiquement les derniers chapitres, le suspense me prenant tellement. Je devorais tellement les lignes que j'en sautais parfois sans le vouloir, m'obligeant à relire, tellement j'étais pressé de savoir la suite. Australia Underground correspond à notre époque (n'installons nous pas de plus de caméras? Ne devons nous pas désormais dénoncer le premier venu pour empocher quelques billets?...) Peur et suspicion. Peur et haine. Peur. Peur. PEUR!!! Ce sont des sentiments exploités dans ce super récit. (l'écriture n'est pas aussi puissante et violente que celle d'Ellroy mais son sens l'est).

  Le récit est construit de la même manière que pour "Derniers verres", son précédent livre (dont une critique est présent sur le blog). Une alternance efficace du présent (en 2010) et du passé pour comprendre comment on a pu en arriver là (L'Australie est au temps présent du récit une dictature sécuritaire). Austalia Underground se lit sur un rythme rapide. Notre héros qui n'en n'est pas un se fait enlever par un groupe terroriste, puis libérer par l'armée. Ouf se dit notre héros, mais non. L'armée veut le tuer. Pourquoi? c'est tout de même le frêre du premier ministre, même s'il a peu de contact avec son frêre...
   Mais Australia Underground, ce réseau de résistants à la dictature sécuritaire en place le sauve lui et la chef des terroristes, et c'est le début d'une fuite. Ils sont désormais tous en dangers de morts. Nous en apprenons beaucoup au fil de leur échappée sur l'après 11 septembre en Australie. Sur les changements provoqués par le péril terroriste, et sur son exploitation par les politiques les plus réactionnaires. Si nos héros sont en dangers de mort, c'est que le gouvernement Australien a peur d'une chose... Que la vérité se fasse sur le plus gros mensonge qu'elle a orchestré!

Un récit très rythmé, efficace, une belle réflexion sur l'exploitation de la peur et de l'ignorance, sur la tolérence et la liberté. Ajouter à cela une tension de plus en plus forte à mesure que les pages se tournent et que la fin approche...

L'afghan/Ravhin.

30 mars 2009

Ah...Ellroy Ellroy ah c'est trop génial !!!

american_taboid  Une écriture, mais une écriture!!! Argh Ellroy m'a tué!

Ça a du style, croyez moi! Évidemment, c'est du polar noir. Évidemment, ça ne plaira pas à tout le monde. Rien ne plaît jamais à tout le monde. Mais on peut écrire un texte, et l'écrire foutrement bien. Ellroy fout une claque. Ellroy écrit avec un couteau. Bien aiguisé. Lourdeur? Ellroy connaît pas!
Voici le récit des années noirs. De novembre 1958 au 22 novembre 1963 à Dallas. 22 novembre. Dallas. ça vous dit? Kennedy se fait buter.

Ellroy retrace ces 5 années qui ont marquées les États Unis, et le monde. Ellroy est un fou qui va retracer l'histoire. L'histoire caché. Celle qui n'est pas dite. Celle qui se joue dans l'ombre. L'histoire qui va aboutir à l'assassinat. Accrochez vous! C'est dense, mais c'est bon!!!

Trois hommes. Pete Bondurant Un tueur à la solde de mafieux, efficace, malin, est fasciné par le vrai pouvoir, un putain de dingue charismatique. Kemper Boyd, agent du FBI ex-infiltré parmi les voleurs de voiture qui va pour J.Edgar Hoover patron du FBI, infiltrer les Kennedy; Véritable génie de l'infiltration il va en fait infiltrer tout le monde, K.B. est amoureux de l'argent. Et puis il y a Ward J. Littell, également du FBI et ami proche de Boyd, ancien séminariste jésuite, voue une admiration sincère à son ami mais surtout à Robert Kennedy pour sa droiture et son combat contre le crime organisé enfin jusque... parce qu'il y a un Avant et un Après... Ward est également un très bon avocat, mais de qui? Ward va prendre une dimension incroyable!

Trois hommes qui vont graviter autours des Kennedy, de Hoover, de l'Organisation. Et de bien d'autres. Destins de trois hommes qui vont s'entrecroiser, et vivre de l'intérieur l'Amérique des années 60.

Et puis au loin, il y a Cuba. Il y a la CIA.

Le récit est dense. Coupé au couteau. Pas de temps mort. Une écriture incisif. Violente. Comme il n'y a qu'Ellroy pour le faire. C'est l'antipode de la lecture pompeuse. Ou ampoulé.
Des paragraphes. Courts. Mais denses.

Vous voulez savoir qui a buté Kennedy? Le jack à la coiffeur qui a marqué le monde? Le jack. Le Saint que le monde imagine encore. Vous voulez voir la face qu'Ellroy lui a dépeint? Et l'Amérique hein? Vous voulez voir son visage? Celui que l'on dit pas?

Allez, un p'tit coup de préface, un avant-goût: L'amérique n'a jamais été innocente. C'est au prix de notre pucelage que nous avons payé notre passage, sans un regret sur ce que nous laissions derrière nous.[...]L'heure est venu de démythifier toute une époque et de bâtir un nouveau mythe depuis le ruisseau jusqu'au étoiles. L'heure est venue d'ouvrir grand les bras à des hommes mauvais et aux prix qu'ils ont payé pour définir leur époque en secret.
   A eux.
(James Ellroy).

Bonne lecture.


L'afghan/Ravhin.

14 février 2009

Les milles et une guerre de Billy Milligan

les_milles_et_une_guerres_de_billy_milligan   Deuxième et dernier volet de l'histoire de Billy Milligan, cet homme aux multiples personnalités (24 dénombrées tout de même!). J'avais précédemment écris un article pour le 1er tome dans lequel je tarissais pas d'éloge sur le bouquin. Le deuxième est tout aussi excellent!

   L'histoire de Billy Milligan est une histoire vrai. Bien entendu, Daniel Keyes nous livre une histoire romancé pour nous la faire vivre "de l'intérieur", pour que les injustices et abus des institutions de santé américaine soit vécu comme des injustices et non comme des faits brut de tout sentiments. Comme si  la maladie ne devais pas uniquement être abordé avec une froideur médicale mais aussi, avec le coeur et la compréhension de l'être Humain. Daniel Keyes prend parti et retranscrit les événements du point de vue de Billy Milligan, c'est une dénonciation clair des aberrations, de l'hypocrisie du système psychatrique américain, mais aussi de notre propre ignorance, de la peur y résultant pour ce que nous ne connaissons pas. Car cette peur est utilisé, exacérbé, par les hommes politiques peu scrupuleux et démagogique.

C'est sur ces points que s'appuie davantage cette deuxième partie, peut être moin "psychologique" que le premier tome, peut être plus engagé encore. Le texte est efficace, alternant le récit de billy, et de ceux qui l'ont cotoyer. Pas de longueur dans l'ouvrage.

   A la fin du premier tome, nous savons tout de la maladie de Billy Milligan, son histoire jusqu'à son diagnostic de personnalités multiples et sa première confrontation avec le système médicale. Le deuxième tome raconte les 12 années de la vie de Milligan après son arrestation et son incarcération à la prison hôpital pour malade mentaux criminels de Lima réputés comme l'un des pires existants, c'est "le débuts d'une effroyable descente aux enfers" (4ieme de couv). Combat de Billy Milligan contre le système aberrant, contre l'ignorance et l'acharnement. Combat d'un homme aussi, face à lui même.

L'afghan/Ravhin.

04 novembre 2008

Un très bon thriller

transparences_poche

  Au départ je m'étais lancé dans une critique de "kafka sur le rivage" de Haruki murakami et puis pas loin sur l'étagère se trouvait ce super polar (français, et oui ça existe!). Des critiques de kafka sur le rivage, il y en a plein (celà dit j'en ferai une un de ces quatres quand même...), et ce polar, je l'ai vraiment adoré aussi. Je ne suis pas le seul, le comte, à qui j'ai donné un exemplaire (c'était un gratuit je précise. Généreux non?) a également adoré.

   L'auteur nous avait habitué à des livres de sf et de fantasy (dont beaucoup sont épuisés...) et avait été récompensé par le Grand prix de l'imaginaire en 1993 pour Demain une oasis et du prix Tour eiffel 1999 pour étoiles mourantes.

   Ici il nous fait un polar et surprise (en fait après lecture, non.) il obtient la récompense du grand prix de l'imaginaire (2004 ou 2005 je sais plus) et le prix du polar Michel Lebrun. Bon, trève de lancer de lauriers, c'est un très bon livre!

   L'histoire: Stephen ( il est originaire du québec) après ses études de criminologie, obtient un poste à interpol et s'installe donc à lyon (c'est là où se trouve le siège, étonnant non?). Sa mission et de vérifier les dossiers classés, ou abandonnés, et de compléter les manques qu'il pourrait y trouver, ce qui pourrait donc amener à une réouverture de certains de ces dossiers. Très vite, il tombe sur le très intriguant dossier Ann X meutrière depuis ses 12 ans, toujours en liberté et soupçonné de plusieurs centaines de crimes. Ce dossier est constellé de trous, à tel point que celà en est vraiment étrange. Poussé discretement par Decaze, son supérieur direct, stephen va dans ses investigations aller de surprises en surprises d'autant plus que le voilà à son tour surveillé de très près par de nombreux services secrets. Dans un univers où l'on sait difficilement qui est qui, stephen va devoir faire preuve de ruse et de rapidité, touver les bons alliers pour résoudre l'histoire de cette tueuse, plus que charismatique!

  Car charismatique, elle l'est! D'ailleurs le premier paragraphe du roman, où elle échappe à l'attention et élimine 4 hommes (très bien formés pour l'espionnage, je ne vous dit pas tout de suite qu'ils ils sont) qui tentaient de la suivre discrétement, donne un très petit aperçu de ses talents. Au fur et à mesure du roman, on l'a recroise et je vous avoue qu'à certains moments, on en vient à l'admirer... Sa façons de bluffer et d'éliminer (ou de manipuler) ses poursuivants, impose le respect. C'est pourtant une meurtrière multi résidiviste mais qui a aussi sa morale.

«Jeune femme sans type défini utilisant une arme blanche ou détournant de sa fonction usuelle un objet quelconque, réagissant à ce qu'elle considère comme une agression à connotation sexuelle ou à une atteinte à sa liberté. L'acte violent est toujours spontané, bref et extrêmement performant. Elle disparaît ensuite sans laisser de trace. Les témoignages sont toujours contradictoires, personne n'est capable d'en faire une description précise, il n'y a jamais ni empreinte, ni cheveu et aucun enregistrement audio ou vidéo exploitable.» (tiré de la 4 éme de couverture du grand format)

Je ne vais pas tout vous dire non plus sur les raisons qui nous amène à avoir des sentiments très ambigues à son sujet. Chose certaine, elle intrigue fascine, et c'est nous aussi qui se lançons au côté de stephen pour mettre la main dessus. Sa cause (de stephen ...) est la notre. On ne se contente pas de suivre d'un oeil eloigné ses investigations, on les mène avec lui, tremblons quand il tremble, hésitons quand il hésite mais aussi fonçons quand il fonce.
   C'est là une des grande force du roman, Ayerdhal réussi le tour de force de nous intégrer avec les personnages, leurs aspirations. Nous sommes dans l'histoire la vivant avec eux comme un spectateur invisible.

   Ce n'est pas tout! Dans ce thriller politique, l'auteur (à la manière d'un bon livre de sf abordant les dérives d'un système ou les projetants dans l'avenir, ou autres bons livres) nous fait apparaître en fond de toile un monde politique qui est finalement, peut être bien inquiétant. C'est alors que les personnages et leurs actions se révèlent sous un jour nouveau, prennant tous leurs sens dans ce monde obscur mais éclairé par la plume de l'auteur. ( oh putain c'est beau ça!!!)

Bon en gros, ça a du fond.

   Bref, à lire!

   L'afgan.

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