25 septembre 2009
Les déportés du cambrien
Acheté plus ou moins au hasard il a y pas mal de temps en occasion dans une librairie dont je tairai le nom (coucou mr le conte et adnihilo...) ce n'est que récemment que,ne sachant pas quoi lire, je me décida de tourner les pages de ce petit livre (à peine 190 pages) dont l'auteur n'est autre que le célèbre Robert Silverberg!
Imaginez que l'on ai rendu possible le voyage dans le temps, à sens unique cependant. Que l'on y envoie dans un passé lointain les prisonnier politique les plus dangeureux, désormais condannés à errés seuls sur une terre dont la vie n'a pas encore quitté les océans...
Imaginez que comme eux, vous soyez désormais seuls et coupé de tout contact avec votre monde, vos amis et sans aucun espoir possible de retour...
C'est ce qui est arrivé à Barrett, désormé roi d'un monde vide. Une petite communaté de déportés s'est organisé, mais la folie les guettes. Et puis arrive Lew Hahn qui n'a rien d'un prisonnier politique. La stabilité instauré est sur le point de rompre...
Publié en 1968, les déportés du cambien explore les thèmes du totalitarisme, des idéaux et de l'engagement, la trahison, la solitude.
Texte émouvant et agréable. Les pages se tournent assez vite. Sans être un chef d'oeuvre, les déportés du cambrien vous procure un exellent moment!
28 août 2009
Ce titre porte bien son nom.
Mais je ne dirais rien à propos du corolaire entre ce titre et ce que j'en dis.
L'idiot. Fedor Dostoïevski, Actes Sud, environ 10€ ( deux volumes )
J'ai commencé par le plus grand des hasards ce livre. Je tape dans le classique, je sais. Mais c'est pas forcément une valeur sûre.
Seulement j'ai beaucoup accroché à cet ouvrage. Mon commentaire sera succinct car ma lecture a oublié l'objectivité du libraire ( objectivité qui n'existe pas ).
Beaucoup de gens savent qu'un livre est dangereux. D'abord pour soi-même, les autres je m'en fous un peu. Pour la bonne raison qu'il peut se cacher entre les lignes des souvenirs. Des bons, des mauvais, des pires. C'est en ça qu'un livre peut vous marquer plus qu'un autre.
C'est pour cette raison que j'ai de plus en plus de mal à lire. Je préfère écrire davantage et errer. Mais je me dois à vous ( lecteurs )
J'ai retrouvé beaucoup de moi dans ce livre. D'autant après un voyage personnel dont je n'ai plus aucune envie de parler à qui que ce soit.
J'ai même presque plus envie de continuer cette critique. Je vais dire quoi, c'est bien, c'est un peu lourd à lire, c'est presque une indigestion de dialogue, c'est trop de la balle.
Mais faut faire semblant, toujours montrer qu'on a la patate, le super sourire. Et toutes ces conneries.
Alors voilà. On a un peu de mal avec cet ouvrage, mais il est d'une force saisissante, le personnage du prince, de Rogojine ( je l'aime bien celui-là ) de Nastassia Filipovna. On les retrouve dans notre vie de tous les jours. Je me suis trouvé trop de points communs avec le prince. Mais la lecture est fascinante, une telle écriture ne mérite pas qu'on ferme ce livre.
Après libre à vous de vous contenter des blablas habituels sur Dostoïevski. Mais j'estime qu'on doit en lire un au moins une fois dans sa vie.
Et je me demande ce que je vais pouvoir lire après ça. Laissons le hasard user de son charme.
16 août 2009
L'or
Je m'en étais fait tout un plat, allant jusqu'à me persuader que L'or me séduirait à outrance. En fait, le décalage entre les espoirs que je fondais dessus et la lecture du texte est conséquente.
En fait, on retrouve dans L'or toutes les ficelles qui composent d'ordinaires les récits de voyages épiques, ceux là mêmes écrits par ceux que Mac Orlan appelaient les aventuriers passifs, ces auteurs de romans d'aventures (maritimes, généralement) qui n'ont que très peu voyagé et qui ont nourri leurs intrigues de leur grande imagination et des quelques savoirs basiques, qui ressemblent plus à des astuces d'ailleurs, acquis au cours d'un week end de vacances qu'ils couplent aux récits des vrais aventuriers (les aventuriers actifs) qui voyagent et voient le monde, mais qui n'écrivent pas.
Probablement Cendrars entre dans la catégorie des passifs, le problème réside dans le fait qu'il n'atteint pas, dans ce domaine, des auteurs comme Patrick O'Brien, par exemple. Le style est assez commun, voire plat, à certains moments, et s'accorde assez peu avec le voyage entrepris par Suter, le personnage principal, vagabond et escroc en Europe qui, une fois établi dans le Missouri, enfourche son cheval pour trouver la Californie et s'y installer.
On se contente de phrases basiques sujetverbecomplément en pensant que l'énonciation d'un fait suffit au lecteur pour se l'imaginer, échafaudant peut-être l'hypothèse consistant à mettre à contribution l'imagination du lecteur pour interpréter ce qui est sommairement mentionné, négligeant le fait que l'interprétation du lecteur est délicieuse lorsqu'elle se prête au tout autre chose qu'un fait matériel ou futile.
L'histoire délarre du coup assez tard, et l'impatience créee chez le lecteur n'est pas si bien rassasiée et satisfaite. On s'attend à une histoire grandiose et démesurée, une vie qui force à l'admiration, comme les Américains de toute époque savent le faire, mais la vie de Suter, aussi tragique et fascinente soit-elle, aussi dramatique soit-elle, n'est pas aussi instense que la lenteur du début ne le laissait présager.
27 juillet 2009
Un combat
Je me suis dit que tiens, l'expérience du Pigeon ayant été probante, un autre Süskind ne pourrait pas faire de mal. Ben merde...
Pour être honnête, j'aurais aimé être satisfait par Süskind, mais à bien y regarder, il n'y a pas vraiment le compte.
Comme dans pas mal de recueil de nouvelles, le tout est assez hétérogène et irrégulier, certaines idées sont travaillées, d'autres sont plus poussives et peuvent faire penser à du remplissage. Toutefois, on ne me fera pas croire que Süskind a travaillé ces nouvelles comme il avait travaillé Le Pigeon. Le style est assez superficiel, et dans nombre d'idées qui méritent un développement conséquent, Süskind se contente d'énoncer en quelques phrases ce dont il veut parler sans vraiment aller dans le fond des choses.
Le résultat donne des nouvelles très rythmées mais sans temps de repos. Comme un film d'action de deux heures quarante: à force d'explosion et de rafales de famas furieux, on se lasse et on zappe. C'est exactement ce qui arrive, un évènement qui demanderait quelques pages pour lui se réduit à un paragraphe et on se retrouve avec une nouvelle de huit pages qui en supporterait une trentaine.
C'est bien dommage...
26 juin 2009
Microfictions
Comme on pouvait s'y attendre, Microfictions n'échappe pas à la règle stricte des recueils de nouvelles. En gros, c'est assez irrégulier.
Distinguons tout de même deux catégories de recueil. Prenons par exemple Corinna Bille, nouvelliste suisse, dont on sent à la lecture le caractère et l'ambiance singulière de ses histoires ou anecdotes. Régis Jauffret, lui, a livre il ya quelques années maintenant un paveton d'à peu près mille pages et contenant autant de nouvelles, d'une page chacune. Evidemment, certains thèmes abordés ne le sont que sommairement, alors que d'autres ne méritaient pas forcément plus d'approfondissement que ca; certains se sont vus amputés de la chute alors que d'autres ont une conclusion digne de leur développement; certaines ont une ligne simple et définie qui contraste avec d'autres plus confuses; si bien qu'on passe sans arrêt du coq à l'âne.
On peut même avoir l'impression, à vrai dire, que les idées qui ont du fleurir simultanément chez Jauffret se sont étouffées entre elles en voulant être exploitées en même temps. Une compétition se créent entre toute jusqu'à ce que toute y perdent quelques plumes. D'autres, à l'inverse n'ont aucune ambition particulière, comme si l'auteur avait voulu arriver au chiffre symbolique des milles nouvelles et avait du remplir pour atteindre l'objectif.
Pourtant, même si Jauffret aurait pu faire un tri, ce bouquin, sorte de souk littéraire (au bon sens du terme) ou de bazar de proximité (où l'on peut par exemple acheter à dix heures et quart, le soir, des pics à apéritifs parce que les invités arrivent mais qu'on vient de s'aprcevoir qu'on manque de quoi planter dans les amuses-gueule) où l'on trouve de tout et de rien. Loin de moi l'idée de me la péter une nouvelle fois avec Pennac, mais lui même, Gallimardien également, affirmait le droit imprescriptible du lecteur: on peut piocher dans les bouquins. En d'autres termes, une nouvelle pas satisfaisante peut être sautée.
Comme quoi...

