13 juillet 2009
Bleu
J'adore mon boulot. Je rencontre out plein de clients, et il y en a même des rigolos desquels ont peut honteusement se marrer.
Par exemple, ce client dont un de mes collègues s'est occupé:
"Je cherche Paroles, mais je ne l'ai pas trouvé en rayon..."
"Paroles, c'est en poésie, tout au fond, à la suite de la littérature générale."
"Vous êtes sur ?"
"Paroles, de Prévert, c'est bien en poésie, je suis sur"
"Oui, mais c'es pas de Prévert. C'est de Poilu."
Cet échange, que le petit blond d'en face m'a rapporté, fera surtout rire les libraires. Je tiens à le préciser.
05 décembre 2008
Le bon la brute et le truand
Il arrive parfois que les clients posent une question à laquelle eux seuls peuvent répondre, comme ce fut le cas aujourd'hui:
Deux clients, la cinquantaine, deux amis semble t'il. Ces derniers viennent me demander, un livre en main, si je n'en n'ai pas un deuxième exemplaire car ils en veulent chacun un! Je vérifie, malchance, c'est le dernier. Ils sont prêt en un commander un mais double malchance, après vérification, le livre "est épuisé" (c'est à dire que toute la production a été écoulé et il est donc impossible de le commander, il n'y en a plus). Et là les deux clients, un peu dépités et perdus, se tournent vers moi et me pose La question:
- Et comment on fait alors?
C'est dans ces moments là que nous libraires, devons faire preuve de conseils avisés:
- Alors vous prenez un flingue, vous le posez par terre, vous faîtes 10 pas de chaques côtés...
03 décembre 2008
Il y a des jours, comme ca, tu restes coi
Un cliente arrive, un livre d'occasion à la main et la mine totalement déconfite.
"_Vous avez vu, Monsieur ? ... "
Je jette un coup d'oeil totalement banal sur le livre qu'elle ouvre devant moi, visiblement à une page quelconque et sans attacher d'importance au numéro de la page. Une page parmi tant d'autres, en somme.
"_ ... Les pages... Elles sont jaunes..."
20 novembre 2008
Je ne serais pas l'ami du fils du client en jean...
Libraires de tous pays, je vous ai battus à plate couture par les clients que je me suis envoyé aujourd'hui.
La
première avait un accent portugais assez prononcé et m'a demandé un
titre de Richard Burton publié chez Corti. Je lui indique l'étagère qui
est censée le supporter, ou plus exactement supporter le deux gros
volumes en question.
"_Vous pouvez me le trouver, je n'ai pas l'habitude de chercher un livre..."
Bonne
poire, réprimant mon envie de lâcher un commentaire acerbe, je pose la
pile de bouquins que je venais d'entreposer sous mon aisselle et me
déplace jusqu'au rayon concerné pour constater que le livre n'y est
pas. Alors, je multiplie les allers retours vers le tout puissant
ordinateur qui sait tout et qui m'affirme avec vigueur que le livre est
censé être en rayon. Je le trouve dix minutes plus tard, déclassé mais
somme toute géographiquement assez proche de sa place logique.
J'extrais les deux volumes du rayon et les lui tend.
"_Ah, mais vous ne l'avez pas en poche ?"
Je reréprime un commentaire, avec difficulté, cette fois ci.
"_Si vous préférez le poche, vous en trouverez sur le mur tout au fond, avec mes collègues de la pochotèque."
"_Ah oui, mais ce sont eux qui m'envoient vers vous..."
"_Donc, c'est que vous cherchez du grand format."
"_Non, non, le prof de ma fille a bien demandé du grand format."
"_Alors, ce sera effctivement au fond du magasin."
"_Oui, mais vos collègues en question m'ont renvoyé à vous."
A la refléxion, je pense que cette cliente cherchait mon suicide.
Le
second était un américain, avec veste en jean, tennis en jean,
casquette en jean, et même jean en jean. L'homme jean, en quelque sorte.
Il
m'explique que "Contre Jour", de Pynchon, va être adapté au cinéma, et
qu'un de ses amis travaille sur le projet; me demande de lui mettre une
occasion de côté si une passe par là. Je me borne aux consignes de la
direction et lui répond que ce n'est pas possible, taisant bien sur les
raisons (parce que sinon les clients ne viennent pas, et que ca bloque
des occasions, qui, sur les nouveautés sont assez recherchées et
généralement avec vigueur) qui auraient conduit à un débat stérile et
dépourvu de tout intéret. L'américain se lance alors dans un débat
apocalyptique dont je livre quelques bribes:
"_Alors vous suivez les
consignes, vous êtes un employé modèle, votre patron vous donnera un
badge à l'effigie de Szrko, hein ? (...) Parce que vous, vous respectez
les lois ?"
"_Elles sont faites pour ca..."
"_Ben non, enfin ! Sous l'Occpuation, vous auriez dénoncé des Juifs ?"
"_Oui, mais on est pas sous l'Occupation, donc la question ne se pose pas."
"_Bon,
alors si un sans papiers s'installe dans votre immeuble, vous le
dénoncez ? Parce que c'est ca, la loi ! (...) De toute facons, ici, il
n'y a que des francais comme vendeurs, que des blancs, je savais que
vous n'êtes pas très... enfin vous voyez (...) Parce que je suis sur
que le fait qu'Obama soit noir, ca vous effraie (...) En tout cas, vous
avez l'âge de mon fils, vous devez avoir vingt deux ou vingt trois ans,
mais vous ne serez pas amis avec lui !"
Ben merde, je serais pas le pote du fils du client tout en jean...
12 novembre 2008
Il y a des jours, comme ca...
Un triptyque fabuleux. Une seule cliente, une petite lolita pas agée de plus de quinze ans.
"Ou il est, Jules Verne, monsieur ?"
"Il va etre sur le mur du fond, au rayon poche, classé à la lettre v"
"A la lettre v..."
"Tout au fond, vous allez voir"
"Ah merci"
La petite revient après un périple délirant deux mètres plus loin et pas du tout à l'endroit que je lui avais indiqué
"S'il vous plait, monsieur, je trouve pas... en fait, j'arrive pas à voir les lettres..."
Je
me déplace, je lui montre les trois rayons de poches tellement bourrés
de jules verne qu'on a du mal a sortir un bouquin, Le rayon est
constipé ou proche de gerber, il y en a partout.
"Ce sont ces trois étagères ci"
Je
montre avec mon stylo les rayons en questions, le stylo touche les
livres, pratiquement, je le fais glisser le long des trois rayonnages,
et elle me répond:
"Oui, mais ce sont lesquels, les rayons ?"
