La Confrérie des Libraires Extraordinaires

"Le libraire est l'ami du livre; pas de tous les livres, mais de ceux qu'il considère assez pour les transmettre aux lecteurs." Tahar Ben Jelloun

25 septembre 2009

Les déportés du cambrien

les_d_port_s_du_cambrienAcheté plus ou moins au hasard il a y pas mal de temps en occasion dans une librairie dont je tairai le nom (coucou mr le conte et adnihilo...) ce n'est que récemment que,ne sachant pas quoi lire, je me décida de tourner les pages de ce petit livre (à peine 190 pages) dont l'auteur n'est autre que le célèbre Robert Silverberg!

Imaginez que l'on ai rendu possible le voyage dans le temps, à sens unique cependant. Que l'on y envoie dans un passé lointain les prisonnier politique les plus dangeureux, désormais condannés à errés seuls sur une terre dont la vie n'a pas encore quitté les océans...

Imaginez que comme eux, vous soyez désormais seuls et coupé de tout contact avec votre monde, vos amis et sans aucun espoir possible de retour...
C'est ce qui est arrivé à Barrett, désormé roi d'un monde vide. Une petite communaté de déportés s'est organisé, mais la folie les guettes. Et puis arrive Lew Hahn qui n'a rien d'un prisonnier politique. La stabilité instauré est sur le point de rompre...

Publié en 1968, les déportés du cambien explore les thèmes du totalitarisme, des idéaux et de l'engagement, la trahison, la solitude.
Texte émouvant et agréable. Les pages se tournent assez vite. Sans être un chef d'oeuvre, les déportés du cambrien vous procure un exellent moment!



27 juillet 2009

Un combat

combatJe me suis dit que tiens, l'expérience du Pigeon ayant été probante, un autre Süskind ne pourrait pas faire de mal. Ben merde...

Pour être honnête, j'aurais aimé être satisfait par Süskind, mais à bien y regarder, il n'y a pas vraiment le compte.
Comme dans pas mal de recueil de nouvelles, le tout est assez hétérogène et irrégulier, certaines idées sont travaillées, d'autres sont plus poussives et peuvent faire penser à du remplissage. Toutefois, on ne me fera pas croire que Süskind a travaillé ces nouvelles comme il avait travaillé Le Pigeon. Le style est assez superficiel, et dans nombre d'idées qui méritent un développement conséquent, Süskind se contente d'énoncer en quelques phrases ce dont il veut parler sans vraiment aller dans le fond des choses.
Le résultat donne des nouvelles très rythmées mais sans temps de repos. Comme un film d'action de deux heures quarante: à force d'explosion et de rafales de famas furieux, on se lasse et on zappe. C'est exactement ce qui arrive, un évènement qui demanderait quelques pages pour lui se réduit à un paragraphe et on se retrouve avec une nouvelle de huit pages qui en supporterait une trentaine.

C'est bien dommage...

27 mars 2009

Les vieux trucs

a_l_ombre_des_jeunes_filles_en_fleursA l’ombre des jeunes filles en fleur, Marcel Proust. J’ai une vieille édition alors…

 

 

 

Je ne me lasserais jamais de ce livre.

 

Certains collègues libraires, que je ne vois hélas que très rarement sont d’accord avec moi pour résumer son œuvre de cette manière.

 

C’est bien mais c’est chiant.

 

Aux souvenirs d’un de ses amis qui disait, j’aurais pu aimer ses œuvres si je ne l’avais pas connu personnellement.

 

 

 

Série coups de cœurs intemporels. A vous de voir si vous ne connaissez pas de vous lancer dans la lecture. C’est dense et il faut se concentrer pour lire, Proust maniant la phrase à rallonge. Le style est du côté initiatique, la forme peut rebuter par contre.

16 mars 2009

La vengeance de la pelouse

pelouseQui n'a pas lu Brautigan se doit de le lire. La vengeance de la pelouse en premier lieu, dans laquelle il expose pêle mêle de courtes histoires probablement vécues, et transcrites dans un style très dépouillé, juste assez pour se laisser le soin de replacer une ligne totalement absurde. Prenons pas exemple la description d'une roulote crade sous un ciel gris dans laquelle se confine un bucheron illéttré et retraité ayant pour seul compagnon une créature mi-chien mi-chat honorant les visiteurs d'un "miaouf".
Je reconnais ne pas savoir retranscrire une anecdote comme Brautigan le fait lui même et le réussit, il n'y a que lui pour raconter des faits comme La vangeance de la pelouse, et probablement comme dans ses autres volumes.
On peut aussi vanter ce bouquin comme plongeant son lecteur dans les Etats-Unis des années 1950, comme une série de textes qui se lisent tout seuls, comme un livre de nouvelles, et par conséquent tronconnable et grapillable à souhait, mais la facon dont Brautigan raconte les anecdotes qu'il a vues ou entendues supplante tout autre argument, jusqu'à le rendre superflu. Tout simplement.

26 janvier 2009

Les Monades Urbaines

les_monades_urbaines   Ecrit en 1971, "les monades Urbaines" est composé de plusieurs textes. Ils furent d'abord publiés séparement en France sous une forme sensuré (des passages choquaient les bonnes moeurs). Ils sont ici réunis en intégralités.

   Dans le futur, le problème de la surpopulation a été réglé. L'humanité a édifié de Gigantesques monades et désormais, 70 milliards d'humains peuplent la surface de la Terre. Ces hommes et femmes vivent le bonheur, la totale liberté sexuelle, la joie de procréer continuellement. La jalousie, la possession, sont comme d'autres vieux sentiments abandonnés et proscrit. Dans leur monade, ils vivent l'utopie, enfin! celui qui en doute est soigné, celui qui est incurable est exécuté et recyclé. Chacun l'accepte, le comprend. Il en va de la stabilité.

De ce monde idyllique, Robert Silverberg (je vous ai déjà parler de lui) va à travers sept court chapitres nous dresser le portrait d'hommes et femmes, des gens banals, habitants une de ces monades. Il y a Mattern, fière de sa cité et qui accueille un visiteur de vénus vivant encore à la façon pré-monadial (comprenez comme notre monde actuel). Seulement un problème se passe pendant la visite, le monde parfait montre une tache. Il y a aussi Jason l'historien qui fait l'expérience de sentiments proscris. Ou encore Micael, qui rêve de la terre du passé. Et puis Siegmund, jeune, talentueux, ambitieux, promis aux plus hautes fonctions de la monade. Siegmund va bien. Mais, quelque chose cloche...

C'est prouvé depuis longtemps, Silverberg a le talent. Ici par des tranches de vie, il nous décrit un monde terrifiant, pourtant humain. Nous sommes ces pièces pas toujours bien réglé d'une machine implacable qui prcocédera aux réglages nécessaires. Silverberg explore l'être Humain: Les pulsions, les sentiments, la question du contrôle, l'organisation, la vie en société, son conditionnement, l'utopie. On pourrait presque croire que l'auteur ne prend pas parti. Et qu'il se contente de nous montrer, nous laissant juger. Différend D'un 1984, critique claire et affiché du totalitarisme.

C'est pas long, très agréable (tout en étant terrifiant), et ça fait réfléchir.

L'afghan/Ravhin.

24 janvier 2009

Un Clarke qui Claque! (Waouh! ça c'est du jeu de mot)

Jonathan_strange___mr_norrell

    Une fresque magique et envoûtante! Jonathan Strange et Monsieur Norrel est l'un des meilleurs romans de fantasy qu'il m'ait été donné de lire. Rien que ça. Prix Hugo 2004, ce roman a reçu les éloges du Times Magazine et de tas d'autres dont Courrier Internationale... Et c'est mérité! 10 ans a fallu à Susanna Clarke pour écrire ce livre. Un très très grand livre.

   J'ai lu quelques part, je ne sais plus où, que ce livre était un conte pour adulte. C'est pas faux. Dans l'Angleterre du début du 19 ème siècle (L'Angleterre est en guerre avec la France de Bonaparte), la magie a disparu depuis plusieurs siècle déjà. Quelques sociétés de magiciens existent toujours, mais ce ne sont que des magiciens théoriciens et aucuns ne sais pratiquer. Puis arrive Mr Norrel, homme de la bonne société qui a vécu jusqu'à présent reclu mais dont l'ambition est de restaurer la magie en Angleterre.
   Mr Norrel va éblouir son pays et sera sollicité par les plus grands! Il fera connaissance de Jonathan Strange, premier magicien à impressionner Norrel et ensemble, les deux hommes vont accomplir les plus grands exploits de magie depuis des siècles!
   Mais voilà, les deux hommes sont radicalement différents et n'ont pas la même vision de la magie, Jonathan Strange se met à pratiquer ce que Norrel appelle: la Magie Noire. Les deux hommes auparavant amis, sont désormais ennemi. Aveuglé par ce conflit, ils ne remarquent pas qu'un ennemi plus terrible encore, fait son apparition et menace toute la magie, mais aussi ce qu'ils ont de plus chers...

   C'est une oeuvre pointu et abouti. Une écriture comparée à Jane Austen et aux écrivains du siècle dernier. Une écriture agréable qui concorde complétement à l'athmosphère anglaise et au "Parlé des Gentlemen" de cette angleterre du 19 éme siècle. Des notes de bas de pages illustre le travail de fond de Susanna Clarke pour donner une profondeur à son récit (une règle d'or en fantasy: Ne jamais tout dire, mais avoir tout imaginé). Ces notes ne sont cependant pas essentiels pour comprendre le récit, vous pouvez les sauter si vous le souhaitez.
   C'est une fresque fantastique et mythologique incroyable. La destinée de deux hommes qui vont restaurer la magie en Angleterre. La comparaison avec Tolkien n'est pas superflu car pour une fois, un roman aussi grand et qui n'en n'est pas un "copié-collé" ou une copie mal faite (comme il y en a beaucoup, notamment chez Bragelonne), existe! Si ça vous dit, je vous met le lien pour le site officiel du roman: http://www.jonathanstrange.com/

Y'a pas à dire, en fantasy, les Anglais sont royals!!!

Ravhin/l'Afghan.

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22 janvier 2009

Neige

fermine_neigeBien qu'on m'est conseillé avec enthousiasme et conviction la lecture de "Neige", il m'est impossible de rejoindre les avis que j'ai eu sans être faux cul.
Alors certes, le Japon du XIXe, le voyages plus où moins initiatiques là bas, avec zenitude de la neige et tout le bordel, c'est poétique et apporte du cachet au bouquin. On peut même y trouver un certain charme, malgré, pour être honnête, quelques passages où Fermine force un peu la poésie jusqu'à avoir des lignes sirupeuses, somme toute plutôt regrettable.
Pour ce qui est de la plume, on repassera. Pas vraiment écrit, malgré, je reconnais, une plume qui s'accorde avec le papier peint du bouquin, avec l'histoire pas trépidante du tout mais jolie quand même.
Dans l'épuration du style, Fermine est pire qu'Echenoz. Echenoz vire tout, même le bon, Fermine le fait aussi, mais en pire. Là où sa plume est passée, les mots n'ont visiblement pas repoussés.
Je veux dire par là que malheureusement, Fermine n'explore pas la langue ni ne joue avec. C'est malheureux...

30 décembre 2008

Lis !

hierQu'on me passe le catalogage de la littérature francophone avec les francais, mais c'est plus pratique. Alors bon...

"Hier", Agota Kristof, Points. Enfin, je veux dire, collection Points. Et pour éclipser "Brummstein", y'a pas mieux. Même pour éclipser "La traversée du Mozambique par temps calme", "Où on va, Papa ?", et même aussi "Folk", et les autres d'avant, qui ne sont quand même pas des merdes. En effet, c'est gris et pas très joyeux, mais, c'est super bien écrit. Dans un style qui se prend pas la tête, qui va à l'essentiel, qui ne s'encombre pas d'inutile, mais qui raconte ce qu'il faut, qui dépeind bien le vrai quotidien, qui n'embellit pas. Vous allez penser, très certainement, que j'éxagère et pourtant je pèse mes mots: Agota Kristof est une auteur à avoir lu dans sa vie. Crever sans avoir lu au moins un bouquin d'Agota Kristof, ce serait au moins passible de la peine capitale. C'est tellement bien foutu qu'on a plus rien à rajouter à près. Lis moi ca, tu m'en diras des nouvelles.

10 décembre 2008

Diderot a perdu sa robe de chambre

robe_de_chambre

Diderot a perdu sa robe de chambre. A l'énoncé de cette phrase, n'importe quel lecteur s'exclamera vigoureusement: "Mais qu'est ce qui te prends, Adnihilo ? Tu lis de la littérature classique !"
Oui, je sais... Il fallait bien que ca arrive un jour ou l'autre. D'un autre côté, un titre aussi surréaliste dans l'oeuvre d'un auteur aussi sérieux, ca attire forcément l'oeil, l'attention, et à plus long terme, on se laisse happer par le texte. D'autant plus qu'il est en effet nébuleux et surprenant. Diderot crie tout au long du texte (de dix pages, quand même !) son affection pour son ancienne robe de chambre à usages visiblement multiples, avant de partir en dérapage plus ou moins contrôlé sur le tapis de son vestibule, changé l'an dernier ou bien sur la chaise de l'antichambre mutée dans une chambre quelconque à un étage indéfini. Toutefois, malgré sa nostalgie farouche éprouvée au souvenir de tout ce qui se rapproche de près ou de loin à ses biens matériels, Diderot extrait son petit chouchou qu'il ne bougera jamais et léguera à ses mouflets qui eux même le refileront à leur mouflets, qui eux les refileront à leur tour aux leurs, etc...
Même quand on a pas lu Diderot, même quand on imagine qu'il est plus ou moins philosophe et qu'il a du réfléchir pendant des heures, assis dans son salon, en se grattant les cheveux, on est assez loin de se dire que lui aussi avait une robe de chambre à qui il vouait un tel culte.

30 novembre 2008

Il y a des choses trs interéssantes à apprendre sur les icebergs

Tiré du bouquin de Régis de Sa Moreira "Le libraire".
C'est poétique, ca relève d'une bonne imagination d'artiste, mais voilà. Il manque peut-être un peu d'humanité dans ce héros trop imaginaire. On ne s'identifie pas assez à lui, par absence de réalisme, sans doute, ou pas excès de passages nébuleux et lyriques. On perd les repères fixés par la société contemporaine et on se perd un peu dans le livre, on se perd trop, même. C'est dommage. Le mieux peut parfois tuer le bien et dans le cas présent, le blesse cruellement. C'est zen, mais il manque quelque chose qui pourrait transformer ce livre en truc génial. Moreira a fait ou trop bien, ou pas assez. Dommage...

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