La Confrérie des Libraires Extraordinaires

"Le libraire est l'ami du livre; pas de tous les livres, mais de ceux qu'il considère assez pour les transmettre aux lecteurs." Tahar Ben Jelloun

26 juin 2009

Microfictions

microfictions

Comme on pouvait s'y attendre, Microfictions n'échappe pas à la règle stricte des recueils de nouvelles. En gros, c'est assez irrégulier.
Distinguons tout de même deux catégories de recueil. Prenons par exemple Corinna Bille, nouvelliste suisse, dont on sent à la lecture le caractère et l'ambiance singulière de ses histoires ou anecdotes. Régis Jauffret, lui, a livre il  ya quelques années maintenant un paveton d'à peu près mille pages et contenant autant de nouvelles, d'une page chacune. Evidemment, certains thèmes abordés ne le sont que sommairement, alors que d'autres ne méritaient pas forcément plus d'approfondissement que ca; certains se sont vus amputés de la chute alors que d'autres ont une conclusion digne de leur développement; certaines ont une ligne simple et définie qui contraste avec d'autres plus confuses; si bien qu'on passe sans arrêt du coq à l'âne.
On peut même avoir l'impression, à vrai dire, que les idées qui ont du fleurir simultanément chez Jauffret se sont étouffées entre elles en voulant être exploitées en même temps. Une compétition se créent entre toute jusqu'à ce que toute y perdent quelques plumes. D'autres, à l'inverse n'ont aucune ambition particulière, comme si l'auteur avait voulu arriver au chiffre symbolique des milles nouvelles et avait du remplir pour atteindre l'objectif.
Pourtant, même si Jauffret aurait pu faire un tri, ce bouquin, sorte de souk littéraire (au bon sens du terme) ou de bazar de proximité (où l'on peut par exemple acheter à dix heures et quart, le soir, des pics à apéritifs parce que les invités arrivent mais qu'on vient de s'aprcevoir qu'on manque de quoi planter dans les amuses-gueule) où l'on trouve de tout et de rien. Loin de moi l'idée de me la péter une nouvelle fois avec Pennac, mais lui même, Gallimardien également, affirmait le droit imprescriptible du lecteur: on peut piocher dans les bouquins. En d'autres termes, une nouvelle pas satisfaisante peut être sautée.

Comme quoi...



21 avril 2009

Le dieu des animaux

aryn_kyleProfitez en, ca n'arrive pas tous les jours. Pour une fois, Adnihilo n'a ni aimé, ni vomi une de ses lectures, mais cherche entre les deux son avis final, qui se rapproche plus du ventre de la moyenne que des sommets (même plus bas que le ventre de la moyenne). Il s'agit d'un bouquin d'Aryn Kyle, "Le dieu des animaux".
Pour pitcher rapidement, le bouquin met en scène une ado dans un ranch étrange et une famille disloquée. Papa se tue à la tâche et fait tout, Maman est alitée (la faute à une maladie, probablement) depuis une quinzaine d'années et ne s'éclaire que par l'écran de la télé, la soeur est partie avec un cow-boy de passage et a fui pour se marier, et la petite dernière est la narratrice. Elle a quinze ans et Aryn Kyle décrit son quotidien échafaudé grâce aux problème des ados et à leur questionnement: Papa vend le meilleur cheval à une ado détestée qui veut apprendre à cavaler; Polly Cain, la fille la plus populaire du lycée, s'est noyée dans un canal proche du bled...

C'est lent. C'est lancinant. Mais, c'est fascinant.
On a envie de lire la page suivante même si on ne trouve rien de passionnant dans le livre. Le style est plat (pas mauvais, mais plat. Par exemple, le style d'Andrei Kourkov est plat mais ses histoires font oublier les carences de sa plume), l'histoire est longue, les flashbacks s'éternisent, il manque un sursaut d'originalité dans le quotidien hypnotique et aseptisé d'Alice la narratrice. L'intérêt surgissant peut être qualifié malsain tant, une fois sorti de l'histoire on se demande pourquoi on a été poussé à lire les pages qu'on vient de s'envoyer, même si malsain est un grand mot. Remplacons ce malsain par étonnant.

Peut-être s'agit-il là de la littérature pour adolescents, effectivement. Alice a une petite quinzaine d'années et le narrateur est interne. Avec des préoccupation d'ado. Mais pourtant, le paquet de pages et le style d'Aryn Kyle ne s'apparente pas vraimentà Riika Ala-Harja qui, elle, en effet, écrit des romans pour jeune ados qui on compris que Fascination, c'est du vent. J'entends par là des ados qui aiment lire des bonnes choses. C'est une part marginale des ados, mais c'est sans doute à eux que se destine "Le dieu des animaux".

En tout cas, rien de bien prenant. Pas de quoi louper sa station de métro. Mais c'est quand même très intriguant.

07 février 2009

Kenya

audeguyAlors, Audeguy, c'est bien écrit. On regrettera quand même quelques phrases un peu longues et au milieu desquelles on accueillerait volontiers un point qui ne vient pas. Pour être tout à fait honnête, on peit comparer une phrase d'Audeguy a un jogging. Au début, tu as tes sensations, tu es bien dans ton truc, et à un moment donné que ton organisme décrète selon de savants calculs (probablement), une cuve d'acide lactique se déverse dans tes jambes. Tes muscles se rigidifient et t'obligent à t'arrêter (si, si, mon prof de sport me l'avait expliqué avec un brio que je ne suis pas arrivé à reproduire, au lycée). Chez Stéphane Audeguy, c'est un peu pareil, la phrase te comble littérairement au debut, mais te force, par sa longueur, à marquer une pause dans ta lecture. Autant, si ca arrive dans une autre lecture, mais une fois dans le bouquin, c'est somme toute normal, mais en revanche, plusieurs fois par page, c'est assez contraignant.
Puisque certains s'attendent à un trépidant roman, il faut aussi préciser que ce n'en est pas un, de roman  trépident. Un homme vient de mourir au Kenya, et son fils, revenu en France et photographe de profession, est contacté par les assurances pour rapatrier le corps. Et comme le fils aimerait prendre des vacances, il se retrouve à visiter le Kenya, donnant ainsi à Audeguy la possibilité de nous le décrire.
Personnellement, je ne suis pas convaincu. Sortant de Fermine, passer à Audeguy a donné lieu à une transition littéraire assez hard, comme si vos oreilles passaient d'un coup de Goldman à Iron Maiden, pour vous doner une image.
Pourtant, c'est dommage. Le rythme est lent, l'histoire entrecoupée de descriptions mons bien écrite que ce que les profs de francais au collège appellent "péripéties" (terme qui jure d'ailleurs avec la littérature contemporaine, mais bon); mais, force est de constater que la plume de Stéphane Audeguy vaut bien le détour. Au moins, en voilà un qui se défonce pour bien écrire, et, malgré quelques lignes browniques, je mettrais ma main où vous voulez qu'un sacré paquet de monde aimerait écrire comme lui.

10 novembre 2008

Au fait

Dans ma précipitation permanente, j'ai oublié de vous signaler le Prix de Flore, qui renvient à Tristan Garcia, et le Médicis à Jean Marie Blas de Roblès, qui a un nom plutôt long. Voilà.

meilleure_part_des_hommes

tigres_sont_chez_eux

08 novembre 2008

Y'en re'na

Achat de nouveaux livres.

Des néons sous la mer et les bienveillantes en format poche.

Premier livre fini à peine une journée après l'achat et le commencement de la lecture.
n_ons_sous_la_merVerdict ; Jamais lu un livre pareil ! autant l'excitation de la découverte de Calaferte pour Septentrion me semblait unique, autant j'ai mangé ce livre en un temps record malghré mes obligations salariales ( en ce moment je fabrique de la merde pour des trous du cul )
Conseillé par Ravhin, qui m'en parlé lors d'une soirée un peu courte. A juste titre il m'a donné envie.
Ce livre est une merveille que l'on doit lire sans hésitation.
Mais il comporte un détail qui a gâché, presque, la lecture. La dernière phrase " a suivre "

Le style m'a beaucioup fait penser à l'enthomologiste glaçé de Desproges. Probablement un des meilleurs livres parus cette année. Voir l'article éponyme un peu plus bas.

Comme quoi faut brasser beacuoup de merde pôur trouver des joyaux.

les_bienveillantes

  Quant aux bienveillantes, on le présente presque plus, Goncourt 2006. Oeuvre fictionnelle dont la noirceur est attirante malgré les recommandations du personnage principal qui déconseille la lecture de ce gigantesque livre. Les mémoires qui n'ont rien d'une confession d'un Officier SS reconverti dans la fabrication de Tulle dans le nord.
Que les imbéciles se rassurent c'est une fiction. Parce que des abrutis pas capable de différencier la littérature avec le réel ont souvent débarqué dans mon magasin. M'enfin chacun son point de vue.
un style simple et un malgré des données historiques peu claires, je l'ai trouvé très captivant dans la complexité et une certaine froideur du personnage.
Perso j'aime ce livre.

Comte

01 novembre 2008

Le titre de cet article est une moue assez peu expressive

entre_les_mursJe me gratte la tête en regardant mollement la couverture. Je suis en train de lire "Entre les murs", de Francois Bégaudeau. Chez Verticales. Celui là même que Cantet a adapté au cinéma pour chourer la Palme d'Or à Cannes. Et bien tenez vous bien, c'est chiant.
Je reconnais volontiers quelle, malgré une plume bancale, n'est littérairement pas dénué de tout intérêt, la construction du récit est même assez originale et peu banale pour passer inapercue. On sent aussi que Bégaudeau sait de quoi il parle, "Entre les murs" traite de l'école dans des quartiers dits "difficiles" et on sent que l'auteur a été profs dans ces quartiers là. D'ordinaire, quand on trouve un livre de prof qui traite de l'école, on frémit, on se dit qu'enfin, quelqu'un traite le vaste sujet en explorant autre choses que les pistes évidentes, savonneuses et piégées que celles abordées systématiquement par un ministre ou un people quelconque. On lit Pennac, et putain que c'est bon, un prof qui parle de l'école d'un point de vue assez bien placé, avec de bons arguments et exemples, qui parle de sa matière et de l'intérêt qu'il y porte, ucomme_un_romann intérêt tel que ses classes seraient sorties de ses cours ravies et qu'en lisant ses textes on se dit qu'on aurait bien aimé l'avoir comme prof, le Pennac.
Bégaudeau, c'est autre chose. Bégaudeau, c'est la preuve que la majorité des profs ont embrassé une telle carrière parce qu'il y avait plus de vacances que dans les autres classes. Pas par passion du francais ni par fascination de la physique. Le vrai passioné, lorsqu'il parle de l'école, ne peut s'empêcher de parler de sa matière. L'autre, quand il parle de l'école, oublie la matière qu'il enseigne. La mentionne, au mieux. Eh bien Bégaudeau, c'est un peu ca. La majeure partie des cours racontés par l'auteur, c'est sa vaine poursuite d'un semblant de discipline et sa faculté à faire la police. A insulter les élèves, même, et à dire implicitement que les élèves sont totalement désintéressés des cours. Cherchez l'erreur...chagrin_d_ecole
En fait, je crois que Bégaudeau a recensé ses meilleures interventions pour ramener le calme et ses meilleurs vannes lancées à l'encontre de ses élèves. Une sorte de catalogue camouflé dans un roman sur l'école (et même, un roman dit "de société") dont l'intérêt ne me parait pas évident. Et j'irais même jusqu'à dire qu'on s'en fout un peu, de cette nomenclature et de cette victimisation du prof. Le fon est donc absent et la forme plutôt banale, malgré quelques originalités dans la construction hélas éclipsées par la platitude de la plume.
Cmme dirait l'autre, la vie est trop courte pour lire de mauvais livres.

Les matins

<< Raah putain de réveil ! >>
Il y a quelques semaines je me demandais comment j’avais pu faire un trou, enfin plutôt un impact dans le mur de la chambre, ça paraissait incongru, je n‘avais pas fait ni travaux ni duel de chevalerie. J’ai eu ma réponse quelques jours plus tard en achetant mon troisième réveil matin. Évident !
A ce stade de la journée il convient de faire une pause, il est sept heures et quarante six minutes précise. Chers malheureux du lundi matin, il ne faut jamais et j’insiste se laisser glisser de son lit comme la limace apathique aussi heureuse de voir un nouveau jour se profiler par les vénitiennes qu‘un mangeurs compulsif de fast-food d‘accueillir son énième ver solitaire.
Considérons la Loi sur les tartines beurrées et un homme, pas du matin, qui veut sortir de son lit sans trop d’efforts.
Le parquet ça fait mal, première considération. Bien sûr la douleur réveille le reste des muscles qui voulaient dormir. Le café qui s’en suit également, ça c‘est pour la matière grise. Mais je pense qu’un bisou matinal sur la joue d’une jeune femme à la beauté gracile avec petit gloussement amusé serait bien plus efficace et agréable que ce putain de réveil dont il ne reste qu’un fatras électronique sans vie sur lequel mon pied vient de se poser triomphalement.
Un réveil blessé est plus dangereux qu’un cintre.

By le Comte

Plus sérieusement, je viens de finir " Océan Mer" D'alessandro Barrico.

Livre dévoré en deux jours et judicieusement prêté par Adnihilo. Une oeuvre presque charnelle qui confronte sept personnages différents, qui incarnent les points fort du livre, à savoir la poésie, le suspens...
En un mot la mer. elle ets le personnage principal de ce roman à l'écriture parfaite, comme toujours chez Barrico. On se souvient de "Novecento pianiste"
Il a l'art de mettre en scène des personnages qui ont tout du romanesque avec un grand R dans des lieux qui sont aussi des personnages. Leurs histoires s'entremêlent. Des paumés, des amants, des aventuriers...

Merci Adnihilo. Et je rajouterais à son intention " c'est ça la puissance intellectuelle. Bac + 2 les enfants"

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