24 septembre 2009
Ellroy, pour changer tiens!
Second volé de la trilogie Underworld USA, il continue sur la lancé du premier! La même écriture coupé au rasoir, la même brutalité et pourquoi pas? La même réalité.
L'histoire est connu. Enfin, l'histoire officielle. Mais dans l'ombre, les évenements et les conspirations s'enchaînent. Kennedy John est mort. Kennedy John est de l'histoire ancienne. Portrait des coulisses de l'histoire américaine des années 63 à 68. Robert Kennedy, Martin Luther King, la CIA, le KU KLUX KLAN, la mafia, le vietnam...
C'est ces hommes de l'ombre que nous suivont, "héros" involontaire d'une histoire qui les dépassent!
Littel, l'avocat ancien FBI, ancien fan de robert kennedy, désormais avocat de la mafia.
Pete Bondurant, tueur de la mafia et désormais ami de Littel. On en vient même à l'apprécier...
Wayne Tredow, ex flic, haineux, n'arrive pas à se défaire de la "présence" de son raciste de père, adepte de la propagande anti-noir, pote de hoover patron du FBI.
On apprécie toujours autant le rythme qui va à l'essentiel, l'ambiance violente et noir à la ellroy, le ton "cru" très bon échos du réel.
Portrait noir d'une époque. L'amérique des années 60. (y'avait pas que des hypies!)
Pour ceux qui trouverai le tome trop épais, rassurez vous, ce type de livre peut se lire en plusieurs fois.
29 juillet 2009
Trévanian règle ses comptes
J'avais eu pas mal de bons échos sur ce bouquin. Même eu un client qui était venu commander "Sanction" un autre polar/thriller, de Trevanian, qui a été adapter au cinoch par Mr Eastwood. Un film raté en comparaison du livre m'a t-on dit (quelle surprise!).
Alors je me suis décidé. J'ai acheté Shibumi.
Tiens, je vais être direct. Shibumi est un bon polar, mais c'est aussi un excellent polar raté. Un peu de déception au final, comme pour un gosse ayant de grosses capacités mais les gâchant on sait pas trop toujours comment.
Le début était prometteur.
Une opération foiré de la CIA sous le contrôle d'une "Mother compagnie" obscure et inquiétante risque d'avoir de fâcheux effets secondaires. La "Mother compagnie" risque en effet de devoir faire face à son ancien ennemi, Nicholai Hei, le tueur le plus doué du monde. C'est l'occasion pour nous de nous pencher sur l'histoire de cet homme hors du commun. Cette partie du roman est passionnante. le suspense est maîtrisé, la profondeur des personnages les rends plus qu'intéressant, une critique violente de la société occidentale ressort, Bref, on sent qu'il va y avoir quelque chose de fort.
Et puis des longueurs s'installent, on perd l'entrain du début. Il y a quelques passages qui aurait mérité d'être raccourcis ou supprimés car complètement déconnectés de l'intrigue et du récit (sauf peut être pour les amateurs forcenés de spéléologie)... Les critiques de la sociétés tombent un peu trop dans les clichés (Les américains sont ceci...les français cela...tout ce qui est américains est mauvais...ex...) On se dit que Trévanian, qui vivait désormais au pays basque comme son héros Nicholai Hei, règle ses comptes. C'est un peu dommage. Ce qu'il dit n'est pas complètement faux ou dénué d'intérêt, mais y perd en qualité.
Je suis beaucoup moins dithyrambique (cf dico: excessivement louangeur) qu'Aurore: Voir sa critique de shibumi, mais je vous le répète, je suis un peu sévère. Trévanian sait écrire. Mais Shibumi, même s'il reste quand même un bon polar, n'est peut être pas ce qu'il a fait de mieux. Préférez peut être Sanction pour découvrir l'auteur.
03 avril 2009
Australia Underground
Quoi?!! Encore un polar actes sud?? (je vous entends déjà...) Mais vous n'auriez pas tord. De toute manière je mets un peu le polar de côté et me replonge dans la Sf (avec le cycle de fondation, Asimov).
Commencer Australia Underground juste après Ellroy est assez étrange. C'est comme un choc culturel et il faut quelques jours pour s'y habituer. Ellroy vous fous la tête si loin sous l'eau qu'il vous faut pour remonter quelques palliers de décompressions. Mais une fois remonter et que l'on prend la mesure d'Australia Underground, on l'apprécie. On l'apprécie même beaucoup!
Avec Ellroy on a la face caché d'un monde, son côté sombre mais réel. Avec Mc Gaham on a ici plutôt un côté militant, une interrogation sur le délire sécuritaire, entendez par là la perte de notre liberté en échange de notre sécurité. Australia Underground est complétement fictif. Son action se déroulant dans le futur nous montre un avenir possible, mais surtout, nous fait entrevoir une évolution. Vers quoi notre société peut se diriger. Andrew Macgahan va même plus loin, il nous montre même que cette sécurité n'est qu'un leurre, un hochet que l'on agite devant nos yeux pour nous contenter.
Je vous avoue avoir dévoré assez frénétiquement les derniers chapitres, le suspense me prenant tellement. Je devorais tellement les lignes que j'en sautais parfois sans le vouloir, m'obligeant à relire, tellement j'étais pressé de savoir la suite. Australia Underground correspond à notre époque (n'installons nous pas de plus de caméras? Ne devons nous pas désormais dénoncer le premier venu pour empocher quelques billets?...) Peur et suspicion. Peur et haine. Peur. Peur. PEUR!!! Ce sont des sentiments exploités dans ce super récit. (l'écriture n'est pas aussi puissante et violente que celle d'Ellroy mais son sens l'est).
Le récit est construit de la même manière que pour "Derniers verres", son précédent livre (dont une critique est présent sur le blog). Une alternance efficace du présent (en 2010) et du passé pour comprendre comment on a pu en arriver là (L'Australie est au temps présent du récit une dictature sécuritaire). Austalia Underground se lit sur un rythme rapide. Notre héros qui n'en n'est pas un se fait enlever par un groupe terroriste, puis libérer par l'armée. Ouf se dit notre héros, mais non. L'armée veut le tuer. Pourquoi? c'est tout de même le frêre du premier ministre, même s'il a peu de contact avec son frêre...
Mais Australia Underground, ce réseau de résistants à la dictature sécuritaire en place le sauve lui et la chef des terroristes, et c'est le début d'une fuite. Ils sont désormais tous en dangers de morts. Nous en apprenons beaucoup au fil de leur échappée sur l'après 11 septembre en Australie. Sur les changements provoqués par le péril terroriste, et sur son exploitation par les politiques les plus réactionnaires. Si nos héros sont en dangers de mort, c'est que le gouvernement Australien a peur d'une chose... Que la vérité se fasse sur le plus gros mensonge qu'elle a orchestré!
Un récit très rythmé, efficace, une belle réflexion sur l'exploitation de la peur et de l'ignorance, sur la tolérence et la liberté. Ajouter à cela une tension de plus en plus forte à mesure que les pages se tournent et que la fin approche...
L'afghan/Ravhin.
30 mars 2009
Ah...Ellroy Ellroy ah c'est trop génial !!!
Une écriture, mais une écriture!!! Argh Ellroy m'a tué!
Ça a du style, croyez moi! Évidemment, c'est du polar noir. Évidemment, ça ne plaira pas à tout le monde. Rien ne plaît jamais à tout le monde. Mais on peut écrire un texte, et l'écrire foutrement bien. Ellroy fout une claque. Ellroy écrit avec un couteau. Bien aiguisé. Lourdeur? Ellroy connaît pas!
Voici le récit des années noirs. De novembre 1958 au 22 novembre 1963 à Dallas. 22 novembre. Dallas. ça vous dit? Kennedy se fait buter.
Ellroy retrace ces 5 années qui ont marquées les États Unis, et le monde. Ellroy est un fou qui va retracer l'histoire. L'histoire caché. Celle qui n'est pas dite. Celle qui se joue dans l'ombre. L'histoire qui va aboutir à l'assassinat. Accrochez vous! C'est dense, mais c'est bon!!!
Trois hommes. Pete Bondurant Un tueur à la solde de mafieux, efficace, malin, est fasciné par le vrai pouvoir, un putain de dingue charismatique. Kemper Boyd, agent du FBI ex-infiltré parmi les voleurs de voiture qui va pour J.Edgar Hoover patron du FBI, infiltrer les Kennedy; Véritable génie de l'infiltration il va en fait infiltrer tout le monde, K.B. est amoureux de l'argent. Et puis il y a Ward J. Littell, également du FBI et ami proche de Boyd, ancien séminariste jésuite, voue une admiration sincère à son ami mais surtout à Robert Kennedy pour sa droiture et son combat contre le crime organisé enfin jusque... parce qu'il y a un Avant et un Après... Ward est également un très bon avocat, mais de qui? Ward va prendre une dimension incroyable!
Trois hommes qui vont graviter autours des Kennedy, de Hoover, de l'Organisation. Et de bien d'autres. Destins de trois hommes qui vont s'entrecroiser, et vivre de l'intérieur l'Amérique des années 60.
Et puis au loin, il y a Cuba. Il y a la CIA.
Le récit est dense. Coupé au couteau. Pas de temps mort. Une écriture incisif. Violente. Comme il n'y a qu'Ellroy pour le faire. C'est l'antipode de la lecture pompeuse. Ou ampoulé.
Des paragraphes. Courts. Mais denses.
Vous voulez savoir qui a buté Kennedy? Le jack à la coiffeur qui a marqué le monde? Le jack. Le Saint que le monde imagine encore. Vous voulez voir la face qu'Ellroy lui a dépeint? Et l'Amérique hein? Vous voulez voir son visage? Celui que l'on dit pas?
Allez, un p'tit coup de préface, un avant-goût: L'amérique n'a jamais été innocente. C'est au prix de notre pucelage que nous avons payé notre passage, sans un regret sur ce que nous laissions derrière nous.[...]L'heure est venu de démythifier toute une époque et de bâtir un nouveau mythe depuis le ruisseau jusqu'au étoiles. L'heure est venue d'ouvrir grand les bras à des hommes mauvais et aux prix qu'ils ont payé pour définir leur époque en secret.
A eux.
(James Ellroy).
Bonne lecture.
L'afghan/Ravhin.
01 mars 2009
Meurtres à pékin...
Écrit par un écossais habitant en France, ce polar se déroule...en chine. Normal. Meurtres à Pékin est le premier volume d'une série dans laquelle on retrouve les enquêtes du commissaire chinois Li Yan et l'américaine Margaret Campbell, médecin légiste détective à l'occasion.
Peter May est (selon la 4ieme de couv) passionné de la Chine et membre honoraire de l'association des écrivains de romans policiers à la section de Pékin... Dit comme ça ça ne rigole pas! Bon sinon le polar est sympa mais pas de quoi en faire un chef d'oeuvre non plus. C'est pas mauvais non plus attention! Il y a un petit côté engagé et dénonciateur chère à la collection Babel noir et qui dans le cas présent, plaira beaucoup à notre josé bové vous allez comprendre.
Mais bon, de quoi ça parle?
Margaret est une légiste Américaine spécialiste des corps brulés qui dans le cadre d'un échange Américano-chinois, donnera pendant quelques semaines des cours dans une université Pékinoise. Li Yan quant à lui est fraichement promu commissaire et dès son premier jour, trois cadavres étranges sont retrouvés. L'un est fortement brûlé. Utilisant les talents de Margaret pour les autopsies, c'est le rapprochement de plus en plus fort entre cette dernière qui sera progressivement intégré à l'enquête et Li Yan, tous les deux ayant pourtant une culture très différente! Seulement voilà, l'enquête est suivit de très près par des personnalités très haut placé voyant d'un très mauvais oeil son avancé.
Dans ce polar, c'est l'occasion de confronter deux mondes, celui de l'amérique que représente margaret, et de la chine de Li Yan. Deux mondes deux cultures que Peter May essaye de confronter à travers l'enquête et la "collaboration" forcée de nos deux protagonistes. Ce polar reste cependant celui d'un occidental et de Sa vue (documentée) de la chine. Je disais tout à l'heure que ça plaira à notre josé bové. Tout simplement car l'on parle des OGM et de firmes maveillantes. Et oui, ici les grands méchants sont ceux qui ne pensent qu'au pognon. L'histoire je vous dis est sympa, agrémenté même d'une histoire d'amour qui se profile à l'horizon (oh c'est beau!) mais qui prend peut être un peu trop de place car pas très passionante... (au contraire de celle dans Millénium). Le thème est interessant mais n'est pas abouti. Le livre manque de quelque chose. De puissance certainement. De style aussi, plutôt classique. (en comparaison avec Américan Tabloid de james Ellroy que je lis actuellement c'est flagrant). On devine un peu trop ce qui va se passer. Le mot qui résume bien Meutres à Pékin c'est ça: c'est sympa.
Une enquête contenant un petit mélange de cutures opposées, de danger écologique et humanitaire, de manipulation politique et d'histoire d'amour interdit... Ca pourraît être géniale mais bon... c'est sympa. Pas un grand polar donc, mais qui reste agréable.
29 janvier 2009
Et hop, un dernier pour la route!
Sur les conseils d'un collègue, j'ai lu (et dévoré) ce polar. Alors sur mon conseil, vous lirez ce polar. (si si, et pas la peine de vous rebeller. Aller hop!)
Alors que Rivages nous propose de très bons polars, sombres, généralement plutôt axés sur l'aspect social ou les rapports sociaux, avec des flics ou dectectives privés tour à tour héros ou antihéros; Actes sud (et donc Babel leur édition de poche) nous produit également de très bons polars mais où l'aspect politique ou économique (avec un regard critique) est prédominant (Ex de millénium, La chasse au reine de sibérie...). Ici Andrew McGahan nous enmène dans son pays, l'Australie, à travers les yeux de George, petit journaliste et alcoolique repenti, anciennement mêlé (10 ans plus tôt: en 1989) à l'un des plus gros scandale de corruption politique de l'Etat du Queensland.
Dans derniers verres, tout s'enchaîne très vite et très bien. Le livre commence lorsque George est appelé en pleine nuit pour identifier un corp, un homme assassiné dans un transformateur éléctrique, tout près de la petite ville où George habite désormais. Le victime est un prénommé Charlie, ancien ami très proche de George et qui fut impliqué comme lui dans le grand scandale politique dix ans plus tôt. Dès lors tout va changer.
Notre homme, très surveillé par la police, pars pour Brisbane, la capitale pour procéder à l'incinération de son vieil ami. Mais aussi pour tenter de comprendre ce qui est arrivé à ce dernier et cela a un rapport avec lui. George devra faire face à son passé. C'est pour lui l'occasion, et pour nous, de découvrir par les souvenirs de George, une époque, une ville qui a complétément changé depuis le grand scandale. Récit de ces souvenirs que McGraham alterne très efficacement avec "l'enquête" de George. Donnant une tension et une dimension suplémentaire à l'histoire. Auparavant au Queensland, plus qu'ailleurs, la corruption, le chantage, les arrangements étaient LA normalité. Auparavant, l'alcool comme les femmes coulaient à flot. Auparavent, la ville leurs appartenaient. McGraham nous dresse le portrait de cette époque hypocrite, mais aussi celui d'un homme (George) complétement destabilisé par les événements, bientôt en danger de mort et qui oscillera dangeureusement entre son ancienne vie qui le rattrape de plein fouet, et ce qui lui reste.
McGraham nous écrit un très bon polar sombre, tout comme l'est George, son passé et son époque. Tout comme l'histoire qui le rattrape ici. Un modèle du genre, passionant!
L'Afghan/Ravhin.
06 janvier 2009
La caverne des idees ! Je crie au génie!!!
Vous vous imaginez peut être que le libraire lit tous les livres pour vous sélectionner les meilleurs (on m'a déjà posé sérieusement la question!). Rien n'est plus faux. Ce n'est pas faute d'essayer, mais il y en a trop. Parfois (souvent) , c'est même le client qui fait remarquer au libraire un bon livre. Comme ce fut le cas pour celui ci. Ce client, me l'a tellement bien présenté que je l'ai acheté le soir même!
Je n'hésite pas à le dire, José Carlos Somoza est un génie. Ce polar m'a bleuffé, pris par le piège du récit, de sa construction. Je vais m'expliquer. Un petit mot d'abord sur l'histoire.
Dans la grèce antique (situez l'action entre le V et le IV siècle avant JC: après la tyranie des trentes il me semble. Réferez vous à une histoire de la grèce antique pour plus de précisions). Un éphèbe (Jeune athénien recevant une éducation le préparant à sa futur vie de citoyen) est assassiné. Son mentor à l'académie sollicite les services d'un déchiffreur d'énigmes Heraclés Pontor. Ensemble ils vont tels Sherlock Homes et le docteur Watson, écumer Athènes jusque dans ses plus sombres quartiers pour comprendre ce crime. D'autant plus que d'autres morts tous aussi inexplicables surviennent rapidement.
C'est une enquête des plus passionantes qui nous fait en plus découvrir la vie de l'Athènes du IV eme siècle Av JC. Nos deux amis vont devoirs revoirs leurs jugements, leurs préjugés et affronter le danger pour espérer résoudre l'enquête. Des indices apparaîtront, d'autres qui nous échappent mais pas à Héracles Pontor!
Ce n'est pas là le seul interêt de ce polar, ressemblant je l'ai dis, à un Sherlock Homes ou à un hercule poirot à l'antique.
Autre point fort: Un traducteur retranscrit sous nos yeux, à travers des notes en bas de page, pensant s'appuyer sur la raison, ce texte de la caverne des idées. Ce dernier est convaincu que la caverne des idées, divisé en 12 chapitre chacun symbolisant une idée forte (tel les 12 travaux d'Hercule, ici les 12 travaux d'Héracles Pontor)), récéle une clé importante. Sans arrêt, il compare ses traductions et découvertes avec le premier traducteur de ce texte. Ces annotations (pas très longue) deviennent aussi passionnates que l'histoire en elle même! Une double lecture très agréable s'installe.
Qui est ce traducteur?? Somoza? Un autre que Somoza cite? Ou encore autre chose? Et puis progressivement on comprend, et là on crie au génie! L'histoire prend une troisième perspective mais je ne peux vous dire laquelle sans vous gacher le plaisir de la lecture et de la découverte. Je ne dis qu'une chose: Jose Carlos Somoza a fait fort, très fort! C'est un polar qui dépasse en dimension bien d'autres! Car il y a autre chose que l'intrigue déjà exellente et la tentative d'éclairage du texte par le traducteur. Il y a un message finale. Une force du texte qui en fait un monument littéraire, et ce, sans aucune prise de tête! (pour ma part j'ai lu ce roman en rentrant du travail le soir).
Je vous dit déjà bonne lecture!
L'afghan/Ravhin.
02 décembre 2008
La chasse au renne de sibérie
Il était temps que je poste la critique, vu que j'ai fini le livre depuis plus d'une semaine déjà. (ça c'est de l'introduction...). Je ne m'attarderai pas sur l'auteur comme j'en ai l'habitude (juste préciser qu'elle est journaliste économique et dénonce assez régulièrement les liens entre le crime et l'économie), j'ai déjà fait un article de présentation dessus.
La chasse au renne de sibérie est ce que j'appelle: un "thriller économique" dans la russie 'moderne'. Je vais m'expliquer, mais petit rappel de l'histoire.
Denis tcheriaga est un ancien juge d'instruction reconverti comme directeur de la sécurité (autrement dit comme homme de main aux pouvoirs super étendu) du 5ieme plus gros conglomérat sidérugique mondiale (AMK)dirigé par Izvolski dit Le Lingot. Mais voilà, la disparition d'un directeur d'une filiale dirigé par AMK va précipiter denis Tcheriaga dans une sombre machination orchestré par la banque Iveko pour la prise de contrôle du conglomérat métallurgique. Vont alors se croiser au cours de sanglants affrontements, mafias russe, politiciens et policiers corrompus, fiscs plus ou moin pourri, et tout autres services ou organisations plus ou moin achetable, et quelques rares personnes honnêtes.
C'est un tableau plutôt interressant (et inquiétant) que dresse Julia Laytinina (l'auteur) du fonctionnement de l'économie, du politique et de la grande criminalité russe. Ainsi que les liens existants entre eux. Car il ne faut pas se leurrer. Qui a l'argent et l'influence, peut tout contrôler, y compris le fisc, les politiques, et même les services armées sencés être au service de l'Etat. En lisant ce polar on se demande presque si moscou, le kremlin, se situe dans le même pays que la sibérie, tant les "princes" financiers agissent sur leurs terres comme des seigneurs dignent de l'époque féodale, tant aucune règle ne semble incontournable.
Denis Tchériaga véritable "chien fidèle" d'Izvolski (vous l'aurez compris c'est le personnage principal du roman) va mener une lutte d'infleuce à la limite de la légalité (quoique plus rien ne semble légale ou pas) mais lutte aussi sanglante, sans merci contre la mafia, la banque Iveko, et toute les manoeuvre politico financière prise pour détruire AMK.
Il faut tout de même quelques pages pour s'habituer aux noms russes pas toujours prononçable, mais je vous rassure, il n'y en a pas trop.
On peut peut-être émettre quelques réticences quant à la traduction qui manque un peu de "vivant" (à moin que ce ne soit le style de l'auteur...),le manque de rythme de quelques chapitres parfois un peu trop dans les délibérations stratégico économiques et peut être, le denouement qui manque un peu de panache. Mais ne vous arretez pas à ce dernier terme ce serai une erreur! La chasse au rene de sibérie est vraiment passionnant pour le tableau dressé de la russie moderne!
Ravhin.
01 décembre 2008
Bien accroché

A l’estomac ; Chuck Palahniuk Folio policier catégorie F10; soit 7.70 euros
J’attendais ce livre depuis un bon moment. Ceux qui on aimé « Fight Club » comprendront pourquoi.
Un livre déjanté, subversif fourmillant de théories sociales ou de point de culture générale génialement exploitées offrant un univers que l’on qualifierait de normal en comparant au nôtre. D’ailleurs c’est le nôtre.
A partir de là les personnages, pures délires fictionnels trouvent leurs juste valeurs. On pourrait les croiser dans un coin de rue. Des tarés monumentaux nourris de tous les travers de la société.
C’est le reflet de ce que nous sommes devenus au contact du monde moderne, et surtout de ses travers qui paraissent si normaux à nos yeux.
Le contexte. Treize personnes se retrouvent enfermés dans une sorte de maison façonnés de décors tous différents, tous décors de théâtre. Leurs noms sont du genre Comte de la Calomnie, Camarade Maussade, Miss America.
Ils ont répondu à une annonce qui disait « retraite d’écrivain » pour trois mois.
En vérité ils ont tous fui quelque chose, une existence sans intérêt, des malheurs, un meurtre. C’est eux qu’ils ont fui, ce qu’ils sont à l’intérieur d’eux-mêmes.
Ils se retrouvent prisonnier d’une sorte de fou. Et c’est là que ça commence.
Encore une fois déçu de lire trop vite. Le syndrome du mangeur de livre.
Encore une fois émerveillé devant son œuvre. C’est génial, subversif, déjanté. Tellement fou que ça ressemble comme deux gouttes d’eaux à ce qu’on peut voir à la télé.
Selon l’éditeur
Un livre de Palahniuk ne se résume pas, c’est déjanté, subversif, incroyablement lucide.
Néanmoins il faut quand même un certain courage pour se lancer dans l’exploration de son univers au travers de tous ses livres. C’est le troisième livre de Palahniuk que je lis. Respectivement dans l’ordre « fight club » « Survivant » et « A l’estomac »
Au même tire que l’on accorde le nom de Dante à l’adjectif Dantesque dans le sens d‘immense, on devrait peut-être dire Palahniesque dans le sens férocement lucide.
Oui je sais, les plus avertis d’entre vous reconnaîtront sans doute un sérieux écart entre ma pensée et cette dernière phrase qui n’est autre qu’une affreuse tournure journalistique de bas étage.
Mais les encore plus avertis reconnaîtront mon humour de la même couleur que le café que j’aime. Noir et sucré.
Et pour la simple anecdote, une araignée à élue domicile dans la boîte d’aspirine sous ma table de chevet.
13 novembre 2008
Juste pour annoncer
Parcourant de l'oeil le rayon polar, celui ci a retenu mon intention. Après lecture de la 4ieme de couv et feuilletage j'étais décidé de l'acheter. C'est plutôt bon signe. J'ai deux manière de choisir un livre (quand je le fais seul, ce qui est souvent le cas), soit je me dis que je vais lire un livre de sf, polar ou autre, et je me documente à mort, pouvant passer plusieurs heures (ou jours); soit je me promène piochant au pif et jouant au "feeling". Dans ce dernier cas, je ne sais
pas si je prend un livre ou non. Mais quand ça fait tilt, c'est bon. Je suis quasi déjà certain qu'il va me plaire (si ça c'est pas pratique...) et je me trompe rarement. Les livres choisis ainsi ont toujours été bons (pour moi cela dit, j'ai pas les mêmes goût que tous).
Quoique, après décision de l'achat (par acquis de conscience) je me documente un peu sur le livre. Figurez vous que sorti le 5 novembre 2008, ce livre est déjà en rupture... et je viens d'acheter le dernier exemplaire du Grand Cercle. (Désolé pour les locaux). Ah oui j'oubliais, c'est un polar russe. Et promis, dès que je l'aurais lu, j'en ferai une critique. (D'abord que je finisse Blind Lake, un livre de Sf d'un super auteur: Robert Charles Wilson auteur également du fabuleux Spin).
Je mettrai un post sur Blind Lake quand je l'aurai fini (sur Spin aussi par la même occasion). Voilou, je le sens bien ce polar, pour vous donner l'eau à la bouche, je vous met la 4ieme et un mot sur l'auteur.
L'aghan.
A trente-quatre ans, montagne de muscle trop tôt retombée en graisse dans son fauteuil de PDG, Izvolski est le type même de l'homme d'affaires peu scrupuleux de la nouvelle Russie. Ancien gosse aux pieds nus d'une bourgade de Sibérie, il s'est taillé un empire sidérurgique au cinquième rang mondial, AMK, fonctionnant comme un Etat dans l'Etat.
Mais, à Moscou, la banque IVEKO, proche du Kremlin, veut annexer cet empire de "séparatistes sibériens". Une guerre totale est déclarée, où se mêlent, dans une vaste fresque sociale, des tueurs stipendiés par des financiers respectables, des guébistes, flics et fonctionnaires ripoux, des toxicos, des directeurs rouges nostalgiques de Staline, des ouvriers affamés par des mois d'arriérés de salaires, des démagogues antisémites, et quelques rares honnêtes gens.
Bras droit et armé d'Izvolski, ex-juge d'instruction, acceptant sans état d'âme le rôle de chien fidèle, menacé par tous les dangers et les nuits sans sommeil, Denis Tcheriaga n'a qu'un défaut : il est amoureux de la même femme que son patron, la belle Irina, historienne de vingt-cinq ans, fille du peuple.
Viscéralement étrangère à l'univers des call-girls surconsommées ou des secrétaires retroussées au moindre caprice de leur patron, Irina, médiéviste avertie, est convaincue que la jeune Russie capitaliste rejoint la Florence moyenâgeuse, une époque où quelqu'un d'entreprenant peut en quelques mois devenir millionnaire... Un pays de cocagne tant que délateurs, traîtres et kalachnikovs n'ont pas pris la parole
L'auteur: Julia Leonidovna Latynina est née en 1966. Journaliste économique (Echo de Moscou, Novaya Gazeta et The Moscow Times), connue pour son opposition à Poutine et son franc-parler, elle signe régulièrement des articles montrant les liens entre le crime et l'économie. La Chasse au renne de Sibérie est son troisième roman. Les deux précédents sont parus en Russie sous le pseudonyme d'Evgueni Klimovitch

