14 novembre 2009
Il est bientôt une heure
La Confrérie prend un retard conséquent, mais va bientôt revenir avec tambours, trompettes, majesté, triomphe, enthousiasme et acclamations.
Et en plus, avec un programme pas dégueu (du moins en ce qui me concerne, pour ce qui est des autres, le prix les retient prisonniers de leur lectures. En parlant du prix, d'ailleurs, on ne sait toujours pas quand il sera décerné, même s'il le sera).
Promis débouleront sur le blog Sasa Stanisic, Isaac Babel, Ricardo Piglia, Pascal Garnier, Claude Ponti, Jacques Chessex. Et que dalle sur les prix, ni Begbeider, ni Marie NDiaye, ni Laferrière, ni Guenassia et encore moins Simon Liberati, parce qu'il ne faut pas non plus déconner, on ne parle ici que de bons livres, exception faite de Sacha Sperling, mais bon, on ne peut pas bien viser à tout les coups.
Néanmoins, entendons nous bien, ni Babel, ni Ponti, ni les autres ne posteront, il y aura juste des articles sur eux. Non mais des fois...
12 octobre 2009
Décès de Jacques Chessex
Jacques Chessex, le Jacques Chessex, nous a quitté vendredi soir lors d'une conférence à la bibliothèque d'Yverdon, et s'est effondré alors qu'un auditeur l'interrogeait sur l'affaire Polanski (ca ne s'invente pas...). La conférence aurait duré une dizaine de minutes avant que l'auteur ne s'effondre, emporté par un malaise cardiaque. Fin de la soirée.
Il y a un sacré paquet de bouquins à retenir, à lire, à relire ou rouvrir. L'ogre, en premier lieu, publié
dans les cahiers rouges de Grasset, probablement un des seuls primés au Goncourt qui tient la route, dans lequel il dépeint avec le style qui le caractérise, sans fioriture ni embellissement superflu, les relations difficiles avec son père qu'il ne portait pas vraiment dans son coeur. On retrouve dans son oeuvre l'an dernier, dans Pardon mère, dans lequel il regrette, bien après sa mort à elle, l'assimilation de sa famille à son père et l'amalgame malheureux.
Retenons aussi ses deux dernières oeuvres, Le vampire de Ropraz et Un juif pour l'exemple, dans lesquels il relate deux faits divers qui l'ont marqués, l'un pouvant s'apparenter à la mythologie valaisanne bien qu'il se déroule au début du siècle, l'autre ayant fait polémique en Suisse pendant la guerre alors que Chessex n'avait que huit ans. On y découvrait alors Chessex historien et passionné, au point d'entamer un troisième livre dans la lignée de ces deux là, qui reste vraisemblablement dans les bureaux de Grasset en attendant une éventuelle édition, plus tard, comme manuscrit inachevé.
Il laisse aux lecteurs une oeuvre gigantesque et junglique dans laquelle s'entremêlent poésie, nouvelles, romans, chroniques, essais critiques, littéraires ou même sur la peinture, et même carrément des tableaux. On gardera également en mémoires ses participations à des petites revues littéraires (telles Europe ou la NRF), ou sa place de choix dans le jury du prix Médicis, le tout lui ayant valu une légion d'honneur et un statut de Chavalier des Arts et Lettres.
Outre ces indications matérialistes et incontestables, il restait aussi le plus grand auteur suisse romand de ses dernières années, orphelin qu'il était de Maurice Chappaz, décédé six mois plus tôt. En attendant que Michel Layaz ou Ivan Farron prennent le flambeau, laissons à Jacques Chessex le statut de numéro un, et accordons lui l'aura qu'il mérite, comparable à celle de Cendrars ou Ramuz.
26 septembre 2009
Il va même tempêter
Si vous êtes observateurs, vous vous serez probablement apercu que dans mon précédent article, j'ai collé une quantité industrielle de liens vers un site recensant une grande partie des prix littéraires et que, malgré ces maints renvois, je n'ai même pas pris la peine de mettre ledit site dans les liens de la colonne de droite. Ce n'est pas un oubli.
Non pas que les prix m'agacent, du moins pas autant que José Moore, qui s'occupe de la littérature dans la Gibert Joseph de Vaulx-en-Velin, mais l'alliance du site avec Amazon m'énerve. Pour ceux qui ne sont pas au courant, Amazon fait encore des siennes, allant jusqu'à imposer aux sites qui ont des liens vers eux de supprimer tout autre liens vers d'autres cybervendeurs. Donc, si ce site de prix proposait d'acheter un bouquin sur Amazon, PriceMinister, Ebay, Gibert Joseph, Chapitre ou d'autres sites, le webmaster est contraint de supprimer tout ces liens pour ne conserver qu'Amazon. Or, le site de prix littéraires a bien du être menacé, puisque seul Amazon a survécu sur ses pages.
C'est une sorte de terrorisme commercial, en fait (Le Livraire en parle d'aileurs très bien). La menace planant surtout sur les éditeurs référencés chez Amazon, puisqu'en cas de non-respect de la règle, Amazon retire de sa base de donnée toute référence de l'éditeur dissident. Donc, si tu es éditeur, que tu as des liens vers Amazon et d'autres librairies, tu es contraint de privilégier Amazon, et de signer par la même occasion (moralement ou physiquement, ca je dois avouer que je ne sais pas) un partenariat que tu ne veux pas forcément, d'une part; et de choisir entre Amazon ou la librairie, d'autre part, pris au piège que tu es dans le dilemme et l'ultimatum que de pose Amazon: "C'est le libraire, ou c'est moi".
Mais c'est pas grave, cher éditeur, envoie Amazon péter, tu n'as besoin de rien, et Electre et MediaBase t'ouvriront leur bras !
25 septembre 2009
Il va pleuvoir, un jour
Les listes des prix sont tombées. Au moins celles des plus importants. Et rien que pour passer le temps, je vous livre en avant première mes pronostics rien qu'à moi, que complèteront sans doute vos pronostics à vous.
Pour le Goncourt, je ne vois pas trop qui pourrait venir chatouiller Mauvignier (Des hommes, Minuit). Là, pas de suspense.
Pour le Renaudot, en revanche, j'imagine plutôt le coup tordu, je verrais bien un oustider sortir de nulle part, comme Olivier Sebban (Le jour est votre nom, Seuil)
Je suis dans l'expectative pour le Femina, le seul bouquin de leur sélection que j'ai lu, c'est La délicatesse, de Foenkinos, mais ce n'est pas vraiment le genre de bouquin que ce jury prime d'habitude. Alors bon, je vais dire Noëlle Revaz (Efina, Gallimard), parce qu'il faut bien Gallimard quelque part...
L'Interallié, je le verrais bien pour Minh Tran Huy (La double vie d'Anna Song, Actes Sud).
Le Médicis, je suis sur qu'il reviendra à Vincent Message (Les veilleurs, Seuil), parce qu'il faut bien un prix mérité, et qu'en plus, il a tout pour être primé cette année.
13 juillet 2009
Bleu
J'adore mon boulot. Je rencontre out plein de clients, et il y en a même des rigolos desquels ont peut honteusement se marrer.
Par exemple, ce client dont un de mes collègues s'est occupé:
"Je cherche Paroles, mais je ne l'ai pas trouvé en rayon..."
"Paroles, c'est en poésie, tout au fond, à la suite de la littérature générale."
"Vous êtes sur ?"
"Paroles, de Prévert, c'est bien en poésie, je suis sur"
"Oui, mais c'es pas de Prévert. C'est de Poilu."
Cet échange, que le petit blond d'en face m'a rapporté, fera surtout rire les libraires. Je tiens à le préciser.
25 juin 2009
Absence justifiée !
Ne pouvant pas poster en ce moment, je tenais à vous prévenir. La raison: Semaine d'exa
ms, suivis bientôt de vacances. J'espère que le diplôme de libraire sera officialisé dès juillet!
Je ne m'arrêterai pas de lire et dès mon retour (date indéterminée), je posterai ce qui aura été lu!
Ravhin/L'afghan.
Le dessin est signé Jean Wood.
17 juin 2009
La périodicité des trucs
Il faut que je poste. La dernière nouvelle date déjà de la semaine
dernière et ca commence à bien faire. Les plans initiaux prévoyaient un
post dimanche, mais une fois sur la page, l'envie m'était passée. Non
pas que je ne vous aime pas, mais ca ne marchait pas.
Pour autant,
j'ai pas mal de choses auxquelles penser, un problème à régler (mais ca
j'en fais mon affaire) et des bouquins à retrouver. N'allons pas
jusqu'à dire que j'ai perdu le goût d'eux, on en est loin, mais
simplement, malgré l'attractivité de mes prochaines lectures, je
n'arrive plus à lire, depuis à peu près une semaine malgré un programme
chargé en Minh Tran Huy, Chalandon, Bost, Cendrey, Stridsberg,
Stanisic, Peskov, Wittenborn, Ranx, Mac Orlan et Soljénistyne. C'est
fameux mais je n'arrive plus à tenir plus de deux pages. Ca s'est
arrêté d'un coup, au milieu de "Culte" de Lyubko Deresh.
A la
reflexion, il s'agit probablement de la taille devenue trop importante
de la colline de mes prochaines lectures, on culmine jusqu'à cent
bouquins achetés trop arbitrairement et qui, même s'ils m'attirent
encore aussi, confessent que je ne les lirais vraisemblablement pas
avant trop longtemps, il va falloir que j'y remédie.
22 mai 2009
Un blanc à l'antenne
Non pas que je sois discriminatoire envers toute forme de vie à la peau blanche, mais simplement, ne m'en veuillez pas, mon déménagement m'a sucré Internet pour quelques temps. Certes, je peux subrepticement me fournir chez le voisin, mais la connexion qu'il ne protège pas émet un signal qui m'arrive assez aléatoirement, ce qui me pousse irrémédiablement à ne pas poster de critiques pour le moment. Mais rassurez vous, je reviendrais sous peu, et d'ici là, Le Comte et Ravhin se seront remis à poster, parce qu'eux peuvent le faire.
29 avril 2009
Ode à David Pearson
Autant on peut parler des films en passant outre les affiches qui les vantent, autant on lit un livre en passant quoiqu'il arrive par la couverture dont on l'a revêtu.
On peut dans cette catégorie blâmer nombre d'éditeurs persuadés de fabriquer des couvertures somptueuses mais qui desservent le livre malgré tout mais je me contenterais de les passer sous anonymat parce qu'on est pas là pour enfoncer les charlots. Et qu'on est pas là pour ca de toutes facon, comme l'exhibe pudiquement la petite phrase de Ben Jelloun sous le titre magnifique de ce blog merveilleux.
En revanche, apportons plutôt des lauriers à ceux qui les méritent. Comme par exemple ce cher monsieur Massin, qui a imaginé la maquette de l'Imaginaire Gallimard. Mais aussi, et surtout (et vous comprendrez pourquoi lorsque vous verrez les couvertures qu'il créé, David Pearson. Qui réalise celles de Zulma, entres autres.
09 avril 2009
En parlant de l'Académie
D'ailleurs, en parlant de l'Académie, on a un nouveau fauteuil de pris. Francois Weyergans, récompensé il y a quatre ans par le Goncourt pour "Trois jours chez ma mère" occupe maintenant le fauteuil de Robbe-Grillet.
Pour ceux qui aiment lire des choses surréalistes, il était en ballotage avec Cauwelaert. J'ose même pas imaginer l'Académie avec Giscard, Dabadie, Gallo et Cauwelaert. On a échappé au pire...

