22 mars 2009
Sekai no owari to hâdo boirudo wandârando (à ta santé!)
Et en Français, on a juste traduit ça par, la fin des temps. C'est plus court quand même. J'avoue qu'à l'heure où j'écris ces lignes je ne suis pas encore aller consulter les deux japonophiles que je connais pour demander si le titre est réellement le même, parce que j'ai un petit doute...
Murakami a l'art d'écrire sur des sujets complexes, certainement difficiles à bien traiter, par des mots et des phrases simples. Cela tient peut être à sa façon de construire le récit, à nous donner les images qu'il souhaite nous donner. Aux personnages aussi. Dans sa préface, Alain Jouffroy démarre par cette phrase: Haruki Murakami est le romancier-poéte des temps qui viennent et qui effaceront peut être les nôtres. (préface présente dans ce livre et qui donne un éclairage très utile à l'oeuvre!).
L'écriture de Murakami est entraînante, captivante. Parler comme Alain Jouffroy le fait de Murakami n'est pas facile, je n'aurais pas ici la prétention de le faire aussi bien, car sous la facilité apparente de la lecture, se cache un foisonnement d'idées! Si Murakami plaît tant ce n'est pas pour rien. Vous avez le sentiment de lire quelque chose qui a beaucoup de sens sans vous écraser, sans aucune prétention que de vous enmenner quelque part, de vous faire rêver et réfléchir.
Murakami nous parle ici de l'Homme du XX eme siècle, de son possible avenir en temps qu'être. cette vie déracinée, où chacun commence à voir le sens du mot liberté se vider de sens, où certains commence à douter de l'existence autonome de leurs propres sensations, seras t-elle suivie d'une autre, inimaginable, impensable - inventée par une autre espèce d'hommes que nous? (Dixit préface d'Alain Jouffroy)
Comme dans Kafka sur le rivage, une double narration, l'une plonge notre héros dans le monde des merveilles sans merci où il fera la rencontre d'un informaticien-savant qui va changer sa vie, le plongeant de force dans une machination cruelle qui le transformera à jamais. Monde échos du notre.
L'autre narration, nous situe dans le monde de "la fin du monde". Endroit clos, étrange, où l'on doit abandonner son ombre, ses souvenirs et son coeur à la porte de ce monde. C'est le monde "parfait" que l'on découvre avec le narrateur, chapitre après chapitre. Ces deux récit s'alternent et se rejoignent, formant un tout cohérent. Et même si personnellement j'ai toujours une préférence pour Kafka sur le rivage, La fin des temps ne déçoit pas. C'est un roman profond et envoûtant, effrayant et contemporain.
L'afghan/Ravhin. (qui est désolé de ne pas avoir beaucoup de temps pour poster des articles en ce moment. Ca ira mieux après mai).
17 décembre 2008
Kafka sur le rivage
Ca y est, je ne sais plus quoi dire... Les idées se bousculaient dans ma tête mais au moment d'écrire. Plus rien. Alors comme Kafka, je vais me lancer et après, on verra.
Ce roman fait parti du cercle très fermé des livres qui m'ont boulversés. De ceux que l'on garde en mémoire longtemps après la lecture. Murakami écrit, le lecteur rêve, je rêve.
Kafka est un jeune adolescent. Une nuit, il s'enfuit de chez lui pour échapper à la tyrannie de son père, et de sa terrible prophétie lancé contre Kafka. Parallélement, de l'autre côté du japon, un viel homme amnésique qui sait parler au chat, part subitement accomplir une tâche, attiré par quelque chose qui le dépasse. Il ne saît pas quoi, mais le saura quand il rencontrera ce qu'il cherche. Et c'est dans une véritable odyssée onirique à travers le japon contemporain que vous plonge Kafka sur le rivage, à travers ces deux destins, miroirs l'un de l'autre.
Véritable roman de la recherche de soi. Toujours à la limite du réel et du rêve, dans kafka sur le rivage, des choses étranges arrivent ( Les forêts se peuplent de soldats échappés de la dernière guerre, les poissons tombent du ciel et les prostitués se mettent à lire hegel[...]). Nul besoin d'explication, c'est parfois aussi étrange que les rêves que l'on fait tous. La plume génialissime d'Haruki Murakami vous entraîne à l'intérieur de vous même, comme dans un conte. Les pages se tournent et se dévorent(je crois la traduction très réussi). Les histoires de chacun des personnages sont fortes. Certains ont beaucoup perdus et sont comme dans un brouillard épais. Il y a un brin de mélancolie. De temps pris sur soi pour aller au fond de problème non résolus. Une fuite adolescente pour ensuite mieux rebondir. Murakami parle de nous, de vous.
Grand roman d'initiation, Kafka sur le rivage vous maintien dans un rêve éveillé. C'est beau, parfois cru. Mais toujours génial. En faisant quelques recherche, j'ai appris que Kafka sur le rivage avait obtenu le prix World Fantasy Award.
Quelques articles de grands journaux qui expliqueront bien mieux que moi pour terminer.
L'afghan/Ravhin.
« Kafka sur le rivage est un véritable page-turner, autant qu'une intense gageure métaphysique pour l'esprit. Murakami se fait le peintre sensible des espaces négatifs. »
The New Yorker
« Murakami est un magicien qui dévoile ses tours en même temps qu'il les exécute et, pourtant, nous ne cessons jamais de croire en ses pouvoirs surnaturels. L'esprit de ce livre évoque une musique qui inviterait le lecteur à se délasser, à rêver, à se laisser dériver dans le cours du temps. Kafka sur le rivage est comme un torrent. Le courant y est redoutable et l'eau moins limpide que profonde. »
The New York Times Book Review
« La prose de Murakami a la légèreté de l'air. On n'imagine pas les profondeurs dans lesquelles elle va nous entraîner, ni la matière noueuse que l'on va rencontrer : la volonté de puissance, l'acceptation de la mort, le fardeau que nous impose la présence du mal dans le monde. »
The Village Voice
« Assurément l'un des meilleurs romans de Haruki Murakami. L'auteur puise son inspiration partout : Sophocle, films d'horreur, mangas japonais, séries B... et relie le tout par sa prose enchanteresse. Finir Kafka sur le rivage équivaut à sortir d'un magnifique rêve : rien n'a vraiment changé, mais on regarde le monde d'un oeil tout neuf. »
( Disponible chez Belfond ou en poche chez 10/18)
07 décembre 2008
Duong Thu Huong est au zénith
Ne m'en voulez pas si je vous mets l'eau à la bouche en parlant d'un livre qui n'est pas encore sorti, parce qu'après tout, la parution est prévue pour janvier, donc, une échéance suffisamment proche pour m'éviter tout rancune (et hop !)
Donc, allais-je dire, je lis en ce moment même le dernier livre de Duong Thu Huong, cette dame vietnamienne emprisonnée pendant quelques temps pour ses opinions politiques et qui à sa sortie avait publié "Terre des oublis", chez Wespieser également, et qui avait le mérite de ne pas être un roman sirupeux clamant que l'oppositon est bien et le dictateur nul, qui avait donc le mérite d'être contructif. Son nouveau roman, que nous allons appeler "Au zénith", juste parce que c'est ainsi que Huong l'a baptisé, est un gros morceau.
Du point de vue de ce qu'on appelle communément l'intrigue, l'histoire, les personnages ou encore (et par exemple), ce que les professeurs de francais nous font appeler "les péripéties", on peut dire en restant honnête que "Au zénith", c'est que du bon. Mais, ce n'était pas tellement une surprise. Le bouquin prenant place au Vietnam, dans une culture, un monde et un mode de vie différent on se délécte franchement du dépaysement total et du manque de repères du probablement à l'absence totale de similitude avec notre quotidien. En d'autres termes, y'a pas mieux pour oublier que tu es dans le métro et que le clodo à qui ronfle à côté de toi viens de pisser que le distributeur de Twix.
Du point de vue du reste, Duong n'a pas la plume dans sa poche. Pourtant, mais ce n'est que mon point de vue, le style est assez irrégulier. Ou plus exactement, il est asiatique; oubliez irrégulier, ce n'est pas le bon mot. Plutôt asiatique, donc, avec beaucoup de poésie et un ryhtme tranquille et détandant propre à cette région du monde, tant dans la littérature que dans le reste. C'est reposant tranquille et apaisant, parfait après une journée de repos même si on ne m'ôtera pas de l'idée que le style manque de quelque chose qui pourrait faire de "Au zénith" un grand texte capable de rivaliser avec ceux de Sagan ou Zweig, mais peut-être, comme le dit si bien la première secrétaire de Villetaneuse avec qui j'ai bu pas plus tard qu'hier, "c'est probablement la traduction".
Pourtant, c'est un livre que je prends en affection, malgré sa traduction sans doute bancale (je ne parle pas assez bien vietnamien pour en juger efficacement) et ses quelques longueurs. Ily a un truc qui émane du bouquin qui fait éprouver de la sympathie à chaque lecteur.

