30 août 2009
Les Anglais lisent aussi
Vous savez quoi ? Adnihilo, pendant ses vacances (bien méritées) est allé voir en Angleterre s'il y était. Outre la consistance des petits dejs bacon-oeuf-fayots-etc et les chauffeurs de bus qui ressemblent à s'y méprendre à des portes de prison à peine sonores, il a pu apprendre deux ou trois petits trucs sur les librairies qui quadrillent Brighton (et qui sont pas nombreuses).
La première qu'il a visité, c'est WH Smith, celle qui est connue en France parce qu'elle y a implanté des magasins.
De ce qu'il a vu, ca ressemble plus à une opération marketing géante qu'à une librairie. On y trouve un petit rayon librairie coincé entre la papeterie et les disques, au sous sol du centre commercial, le premier étage du magasin, qui lui donne sur la rue, étant occupé par la presse et un espace probablement réservé aux mises en avant (à en juger par la papeterie à foison à quelques semaines de la rentrée).
Au sous sol, le rayon littérature est deux fois plus grands que les autres rayons (tourismes, loisirs, beaux arts et autres) ce qui laisse une configuration étrange: littérature d'un côté, et le reste où il y a de la place vacante. La litté se décompose en trois sous parties, on a la litté générale, la litté classique et la science fiction. Quant aux policiers, ils sont collés en litté générale, rayon rebaptisé fictions. Après une recherche approfondie, les seuls auteurs francais sont cachés en classique, avec Sartre, Camus (The Outsider), Alain-Fournier (The Lost Estate) et Proust.
On remarquera aussi deux particularités singulières qui surprendront tout français qui se balade dans ce point de vente précis: le rayon tabac, où l'on vent des clopes, et, au sous sol, au fond du magasin (et c'est très astucieux), un bureau de poste.
La seconde, une fois décu de la première, est arrivée par derrière. Il a vu des bouquins dans une vitrine, et il est entré chez Waterstone's. C'est déjà nettement mieux. Plus soigné, avec moquette, musique douce, signalétique plus claire, lumière moins agressive, et rayons plus complets. Une librairie sur quatre étages qui place astucieusement les actualités et bios au rez de chaussée, après les tables évenementielles, comme produits d'appel.
On a les grands auteurs anglos, évidemment, d'où qu'ils viennent, et c'est là qu'il a fait l'acquisition du dernier Philip Roth. Question français, c'est plus fourni aussi, on se retrouve avec les mêmes auteurs que chez WH Smith, plus quelques titres de Le Clézio (classé à C), quelques Houellebecq (The Possibility of an Island) et aussi, Georges Perec (Life, User's Guide; A Void). En revanche, aucun Montherlant espéré.
On notera un bar, au troisième étage, à côté du rayon sciences, et quelques confirmations apportées. Par exemple, le rayon littérature générale s'appelle bien fictions; dans l'esprit anglais, le classique s'arrête bien à la première moitié du vingtième (d'où Alain-Fournier en classique et Kerouac en contemporain); les librares anglais classent uniquement par période plus que par langue d'origine (par exemple, ous trouverez en France Garcia Marquez, Saramago, McCarthy et Perec dans quatre rayons différents, respectivement en hispanophone, luso, anglo et francais, en Angleterre, tous sont dans les contemporains).
Quant au plus de la librairie, pour eux, j'entends, il réside dans leur rayon gay conséquent, ce qui coroborre les dires d'une anglaise sur le bateau qui m'y amenais "Oh, vous allez à Brighton. (...) C'est une ville connue pour être un peu...comment vous dites ca en France...les hommes qui aiment les hommes...". Rayon qui, j'imagine, doit la sacrer comme première librairie de Brighton.
Il y a quelques autres petits magasins autour de la gare, mais qui ne sont pas des librairies à proprement parler. Leur clientèle est différente et leur activité aussi, en fait. Ils sont plutôt disquaires qui disposent d'un petit rayon livres où l'on trouve du très très grand public: un peu de chick litt, Harry Potter, ce genre de très gros succès.
08 juillet 2009
La Musardine est un monde à part
Pieyre de Mandiargues et Mac Orlan, tout récits érotiques rédigés,
avaient une plume magnifique et luxuriante (mais chacun la leur) à
l'inverse d'Alain Soral qui lui a sa plume dans le cul. Or, évidemment,
le meilleur endroits pour les trouver sont les librairies spécialisées,
meme si après l'assortiment de ceux qui sont censé tout avoir, on
s'apercoit que quelques librairies générales de tailles diverses ne
sont pas si dépourvues que ca.
Oui, je suis allé voir à La Musardine
si j'y étais. Et bien oui, j'y étais (étonnant, non ?). La Musardine
est un endroit très glauque où se retrouvent des personnes si honteuses
d'être là que le moindre regard hors d'un livre provoque chez le client
type une gêne qu'il peine à dissimuler. Alors il se contente de feindre
un intérêt pour des bouquins porno probablement équivalant à Harlequin
dans la littérature générale (écrit avec les pieds et pensés avec un
mciroprossesseur suffisamment puissant pour pondre quelque chose sans
intervention humaine).
Le silence devient alors oppressant et les
seuls bruits le rompant se trouve être les pas feutrés du libraires sur
la moquette et le tiroir caisse au ressort qui bande. ("Doonïnng").
Même la porte est silencieuse, probablement pour ne pas attirer
ailleurs l'attention du client qui le mettrait dans l'embarras par
rapport à son semblable. Tout est fait pour rendre la librairie froide
et impresonnelle, équilibre rectifié par la chaleur des bouquins. On a
pas envie d'acheter, et quelque soit l'état d'esprit dans lequel on
rentre, la gêne et la pression du petit gros au fond, qui regarde les
Manara, est communicative, on sent qu'il ne se sustente que par les
soins de la Musardine et on compatit, accordant toutefois que ce n'est
pas très sain. Pour autant, le vieux engoncé dans son costard chic,
avec cravate italienne et mocassin lustrés, celui qui se penche sur les
livre d'art où les modèles sont à poil, ne l'est pas non plus, et on
peut même se laisser penser que Bobonne, à la maison, glisse lentement
vers le statut de terrain vague.
Quelque soit l'intention de ta
visite, tu en ressors toi même persuadé d'être malsain, même si tu
voulais venir pour un André Pieyre de Mandiargues. "Mais c'est pas
possible, je ne suis pas eux...".
Non. Mais à partir du
moment où le fait de ne voir que des clients ou en manque ou obnubilés
par leur sujet autour de toi tend à t'en convaincre, ou en tout cas
argumente en ce sens, c'est signe qu'il faut partir.
14 avril 2009
Une maroquinerie
La feue librairie Bertrand, seule vraie île de littérature dans le XVIIe arrondissement de Paris, va devenir une maroquinerie.
Monde de merde.
11 février 2009
A l'attention du libraire débutant désireux de s'engager à Tome Dom
En retombant par hasard sur un article posté il y a quelques mois, je me suis dit que l'article en question cadrat parfaitement avec le leitmotiv de la librairie (d'une part) et que (d'autre part) le sujet dont il traite est important pour tout libraire désireux de trouver une librairie, alors je le livre ici.
Précisons quand même que sa rédatcion remonte à juin 2008, date à laquelle je sortais de la librairie Tome Dom en me grattant la tête tant croire en ces dernières heures n'était pas si facile. Précisons aussi que si ma boite actuelle ne m'avait pas appelé le lendemain, Tome Dom aurait eu raison d'Adnihilo, qui aurait probablement repris des études dans lesquelles il se ferait chier, ou serait devenu quelqu'un qui se contonne dans un petit boulot chiant et assez peu exaltant, mais sûr.
Ce soir, en me connectant sur l'interface de mes blogs, j'ai pris connaissance du commentaire de Vince
et à sa lecture, je me suis retrouvé à nouveau pris dans le tourbillon
sans queue ni tête de la librairie Tome Dom. Puis, en proie à l'envie
de reposter quelque chose sur cette librairie.
Je ne prétends
pas être le plus grand libraire que le monde du livre ait jamais connu
et je ne veux à aucun prix me prendre pour le donneur de lecons. La
mégalomanie que j'étale sur cette tribune n'est destinée qu'à faire
sourire mais autant l'annoncer cash, tout de suite, immédiatement: cet
article est un des plus sérieux que j'ai jamais écrit. (Je sais, c'est
le mot "sérieux" qui fait un peu peur, venant de moi).
Je n'ai pas
une longue carrière derrière moi ni de paquet monstrueux de lignes sur
mon CV, mais de tous les énergumènes étranges dont la librairie en
général regorge et que j'ai pu rencontré, la libraire de Tome Dom dont
je tairais le nom pour la bonne raison que le nom de sa librairie est
amplement suffisant à son identification. J'ai eu l'occasion de
rencontrer une chef de rayon qui met du coeur à te faire virer parce
que ta tête ne lui revient pas, le libraire prenant des trente années à
la FNAC comme l'unique voix de la raison, le bobo du seizième qui te
gicle parce que ton planning ne te laisse pas le temps d'aller chez le
coiffeur le lundi soir, mais la palme de la destruction massive revient
sans conteste à la libraire de la librairie Tome Dom, que je hais pour
la simple raison que mon frère habite dans la même rue et que me
promener dans le coin en question ne me sera sans doute pas très
agréable avant quelques temps. Encore que je puisse m'estimer heureux
que mon expérience là bas ait duré suffisamment peu pour me pas trop me
traumatiser.
J'avais prévu de commencer ma phrase par quelque
chose du style "Laisse moi te conter, futur libraire, pourquoi tu dois
à tout prix éviter la librairie à laquelle je consacre ce post" mais je
vous entends déjà dire que puisque je n'ai passé là bas que quelques
heures et que je ne parais pas si bien placé que je le dis pour
déblatérer sur la librairie en question. Cette objection serait
légitime, fondée et pertinente, mais je pense avoir suffisamment passé
de temps là bas pour mesurer combien cette librairie peut dégoûter du
métier. Je n'ai pas bossé longtemps là bas mais je n'ose même pas
imaginer ce qui aurait pu m'arriver si fantaisie m'avait pris d'aimer
ce travail.
Mon essai commencait à quatorze heures, et l'usage
veut que pour un premier jour, la ponctualité soit de mise et tout
manquement rédhibitoire (je ne me plais pas de cet aspect, c'est tout à
fait normal et pareil partout). La patronne, touffue des cheveux, est
plutôt agréable au premier abord. Prise dans ce que le commercant
appelle un coup de feu, elle me demande d'attendre devant l'entrée et
de surveiller, précisant quelques règles de base. Premièrement, pas de
bouffe ni de trottinette dans le magasin. L'une tue les livres, l'autre
le carrelage (je sais, c'est absurde, mais la patronne parle, donc, on
se tait).
La première tâche qui te sera assignée sera rien et
consistera à rester planté à l'entrée du magasin avec interdiction
formelle d'adresser la parole au client. Peut-être que tu as déjà eu
une formation commerciale normale et censée, mais Tome Dom est un monde
à part où le vendeur ne doit pas demander au client s'il a besoin
d'aide. La patronne doit surement penser que le client content est un
client perdu. Quoique. La seule personne en librairie habilitée à
parler à un client est la patronne elle même. Si dans ta faction
superflue, à ton poste, tu es surpris à jeter un regard dehors, sur les
étalages ou le trottoir, n'oublie pas que tu donnes à la patronne un
motif de licenciement suffisant. Si d'aventure un client te demande le
moindre livre, la moindre indication, tu ne dois sous aucun prétexte
lui répondre: tu dois aller demander à ta patronne qui elle répondra à
ton client. Et sans attendre sa réponse, tu retournes à ton poste pour
continuer à essayer de ne pas t'emmerder.
La tâche suivante qui
t'incombera sera en fait le poste auquel tu seras affecté. La librairie
Tome Dom, c'est trois pièces en enfilade. Si durant ta garde devant la
porte d'entrée tu n'as pas vu les autres vendeurs, ne t'étonnes pas, je
t'expliquerais dans les lignes qui suivent.
Donc, disais-je, ton
poste suivant sera celui du stockiste. Si tes expériences précédentes
en librairies, absolument indispensables pour entrer chez Tome Dom,
t'ont aidé à acquérir une méthode de travail et t'ont appris à
t'intégrer à une équipe, oublie tout. A entendre la patronne,
l'expérience est indispensable pour travailler chez elle mais elle te
demandera de tout oublier. C'est sa méthode à elle ou le chômage, et
toi qui choisis. Tu sors un livre du carton, le pointe et le pose
derrière toi. Si tu t'aventures à prendre plusieurs bouquins dans la
main, ou à faire des piles sur la mauvaise table, même si tes piles
sont faites pour ne durer que quelques minutes, tu donnes une nouvelle
possibilité à la patronne de te remercier. Certes, elle ne te diras pas
de quelle main il faut ouvrir un livre, mais si l'idée lui venait, elle
le ferait avec joie et l'incluerait sans plus attendre dans le
règlement intérieur dont tu n'as à connaître que le premier article:
"Toute infraction est rédhibitoire".
Il faut aussi mentionner
quelques derniers points de ce que j'ai pu connaître ou déduire du
règlement intérieur. Sortir de la pièce dans laquelle tu dois
travailler est passible de remontrance assez désagréable, au même titre
d'ailleurs que de parler à ton collègue, si toutefois tu lui parle
d'autre chose que de la tâche que tu effectues et si tes paroles
concerne la pratique. Ta seule possibilité de sortir de ta pièce est le
moment où ton nom est appelé dans l'interphone. La patronne ne
t'appelle pas, elle te hèle. Elle ne bouge pas de sa caisse et si elle
a besoin de donner à un client un livre qu'elle ne peut pas atteindre
depuis son poste, tu rappliques fissa, toutes affaires cessantes,
coupes ton travail pour donner le livre au client avant de retourner
reprendre ton activité. Il se peut aussi que tu sois hélé pour un
paquet cadeau, et tu te devras, en deux minutes, d'aller prendre le
livre à la caisse, monter à l'étage, faire le paquet, écrire sur le
devant le titre du livre, redescendre, le poser derrière ta patronne
fantasque et retourner finir ton activité précédente. Malheur à toi si
tu écris le titre au dos du paquet, si tu prends le papier à motifs
alors qu'elle aurait préféré le papier plus classique.
Pour chaque
office reçu -la patronne te dira que la librairie reçoit tout les mois
tous les offices de tout les éditeurs, mais ne la crois pas-, (je me
dois de préciser pour plus de clarté auprès de mon lectorat que
l'office est le terme désignant les nouveautés), tu dois inscrire sur
la toute dernière page du bouquin le nom du fournisseur et la date
d'arrivée de la marchandise. La méthode vaut ce qu'elle vaut, elle est
particulière mais pas vraiment contraignante, mais en revanche, ton
licenciement pourrait être imminent si tu n'écris pas les données en
lettres microscopiques dans le coin en haut à gauche et en toute
lettres, voire même si tu cumules les deux erreurs que la patronne
considère comme des tares. Si par malheur tu écris non "INTERFORUM"
mais dans le seul but d'aller plus vite et de gagner du temps "IF",
l'abréviation qui, sans être officielle, est employée par bon nombre de
libraires à travers la France, saches qu'encore une fois, tu tends le
bâton pour te faire battre.
C'est en te retrouvant dehors que tu
comprendras pourquoi tes collègues étaient peu bavards et pourquoi tu
n'as ni signé de contrat comme elle te l'avait dit au téléphone,
promettant de te déclarer dès ton arrivée dans l'effectif sous prétexte
que ton CV est le plus beau qui lui ai été donné de voir.
Tu
remarqueras, futur confrère (ou confrère déjà), que cet article, fruit
de quelques heures seulement au sein de cet effectif, est assez
conséquent, je te laisse donc imaginer ce que doivent endurer ceux qui
ont eu le courage de persévérer durant leurs essais pour passer en CDI.
Sans les connaître plus que ca, je ne leur souhaite que de trouver une
vraie librairie.
Si cet article arrive trop tard sous tes yeux et
que la patronne de Tome Dom t'a déjà exécuté, ne sois pas écoeuré à vie
du métier de libraire. Tome Dom ne forme pas, mais formate des
libraires comme on formate un disque dur. Le métier, le vrai, est
exaltant. La librairie n'est pas une prison comme celle décrite
ci-dessus, la librairie est un lieu de culture, d'échange, et de
rencontre, aussi, avec un peu de chance. Une communion avec le livre,
le plaisir de faire partager des lectures, de rendre service. C'est ca,
la librairie, et Tome Dom, comme tu as pu le constater, en est bien
loin. Ne t'arrêtes donc pas à cette expérience malheureuse et
persévère, trouve une vraie librairie (ca existe) où il te sera donné
de découvrir ce qu'est vraiment cette partie du monde du livre.
Précisons aussi quelques petits points, qui me sont revenus après la publication de ce magnifique texte. Les représentants, quelques soient leur maison d'édition ou de diffusion, ne passent plus dans cette librairie (je n'échafaude pas d'hypothèse peu sûre, je me contente de lâcher l'info, parce que le blog de la Confrérie est aussi là pour parler des librairies et autres pans du monde du livre). Quant à l'INFL, qui n'est pas non plus un modèle, mais qui reste assez utile et qui affiche de bonnes prestations quant à ses formations (qui est donc un établissement tout à fait honorable), eux mêmes n'envoient plus aucun apprenti dans cette librairie, probablement par lassitude d'en retoruver des broyés.
05 février 2009
Ô funeste jour
Qu'on me permette, cet article a peine ébauché, de (déjà) m'insurger !
Il y a quelques jours, je me suis convaincu avec tristesse de l'indispensabilité de poster quelque chose sur la fermeture définitive de la Librairie Bertrand, j'en avais même les premier mots. Et puis, je me suis mis en tête de trouver une illustration pour accompagner le texte et ai entamé une battue de grande envergure sur Google, et vous savez quoi ? Heureusement que la mairie du XVIIe est là pour mettre sur Internet (qui, allez savoir pourquoi, est un nom propre...) des photos de la devanture de Bertrand, sans quoi, je serais revenu bredouille. Et pourquoi que personne d'autre n'en a ? Pour réparer cette bourde commune à l'ensemble des internautes, je vais illustrer mon article grâce à la petite image trouvée sur une page de la mairie. Non mais des fois !
Bon, ben je reprends, du coup.
ô funeste jour... oui, bon, je vous l'accorde, je n'avais que les trois premiers mots, mais ils sont pour autant parfaitement adéquat. Allons y plutôt sans fioritures. La librairie Bertrand ferme ses portes... Attendez, on la refait: la librairie Bertrand ferme sa porte définitivement après plus de plein d'années de partage de bons bouquins avec les clients. On peut même dire que si le quartier lit, c'est grâce aux décénnies de travail de Bertrand rue Poncelet. Et si vous pouvez lire ces lignes divines, c'est aussi grâce à lui, mais indirectement. Parce que s'il n'avait pas été là, ma famille n'aurait pas autant de bouquins, donc, il y en aurait eu moins quand je j'ai hurlé la première fois (parce qu'on m'avait sorti trop tôt du liquide amyotique, mais bon...) et donc, je ne serais probablement pas devenu libraire. Donc, si monsieur Bertrand, il y a longtemps, avait préféré la librairie à la boucherie ou à l'escrime (par exemple, mais si vous préférez fleuriste ou dessinateur, plombier ou catcheur, représentant en shampooings ou dentiste, prof en maternelle ou même auteur de livres pour enfants, ca peut s'envisager aussi) eh ben j'en arriverais pas à me lamenter sur la fermeture de la seule librairie du quartier qui tient la route.
Parce que oui, lecteur, c'est pas grâce à Ars Una en face du lycée Carnot qui vend du parascolaire et des stylo Hello Kitty ni grâce à Lamartine qui vend du Gossip Girl et du Artemis Fowl entre deux Amélie Nothomb qu'on va se prendre à rêver en découvrant de nouveaux auteurs !
Alors, tu vas me dire, lecteur (si tu permets que je te tutoie) que je suis mauvaise langue et qu'il faut voir le bon côté des choses, je ne serais plus à découvert à la fin du mois, à partir de maintenant. Mais attention, sache que depuis que j'ai un vrai boulot, j'ai du pognon et que c'était précisément pour ca que je pouvais me permettre d'entrer plus régulièrement dans une librairie où les livre respirent tellement fort que tu as l'impression de respierer des vapeurs d'alcool, mais en plus littéraire. Tu en ressortais ivre de lettres et tu jonglais avec les mots, tu soulevais une merveille pour en découvrir une autre, et puis, un jour, tu t'es apercu que c'était trop tard: tu n'avais pas vraiment eu le temps de profiter clairement de la Librairie A. Bertrand du 23 rue Poncelet, la faute à une errance littéraire sans doute due à l'adolescence, à des problèmes de trésorerie, à une arrivée sur Paris trop tardive si on la compare à la durée de vie de la librairie en question.
Mais qu'à cela ne tienne, tu n'as pas eu le temps de connaître le libraire et la librairie aurant que tu l'aurais souhaité, mais Monsieur Bertrand est malin, il a réussi, avant même ta naissance et subtilement après, à te mettre dans les mains de quoi assurer sa relève à lui. Comme quoi, fluctuat nec mergitur (j'ai jamais pu la replacer ailleurs, celle là !), il t'a fait gouter des trucs (des livres, j'entends) qui font que toi, tu te retrouves dans sa position et que du coup, tu peux attirer dans un bouquin l'ado qui erre comme tu errais à son âge au lieu d'aller en librairie, tu as loupé le coche de peu mais c'est un apprentissage efficace: grâce à ca, tu pourras éviter à un ado de faire trop peu de chose, tu pourras l'attirer dans le bouquin en général et lui faire découvrir à temps ce que tu as découvert trop tard.
Ah oui, tu es arrivé trop tard pour le loisir mais juste à temps pour la découverte. A bien y réfléchir, ca a été jusqu'à avant ton boulot actuel la vraie expérience en librairie satisfaisante. Professionnellement parlant, la seule expérience significative en librairie a été trop tranquille pour être profitable et les autres sont trop béantes (mais variées) pour être profitable, et même si tu n'as jamais bossé dans la librairie de Monsieur Bertrand, tu l'as suffisamment fréquentée pour pouvoir remarquer le caractère profitable des relations tissées entre la librairie, le libraire et toi.
Ah, certes, c'est une fin, c'est dommage, mais c'est désormais à toi (oui, je sais, mais j'estime avoir le drot de me tutoyer moi même) qu'il incombe de faire aussi bien. Allez, hop !
Adnihilo, new generation
06 décembre 2008
LA librairie de Sf et de Fantasy sur paris.
Revenant de ce pas de la librairie Scylla je vous le confirme, pour découvrir, redécouvrir ou approndir vos lectures et connaissances en sf, c'est là qu'il faut aller!
Cette librairie dédié uniquement à la Sf et à la Fantasy n'est pas très grande mais offre pourtant un choix très très important. Qui plus est, le libraire est ultra compétent dans le domaine (normal c'est sa passion). On y trouve notament des collections (anciennes et récentes, épuisés ou non) que vous ne trouverez pas ailleurs (pour ma part il y a certaines collections que je n'avais jamais vu!) . J'y était comme un gamin voyant des merveilles partout, des écrivains russes, tchèque même... sortis des années 70, le genre de bouquin que tu ne trouve pas dans le commerce habituel. Bien évidemment des livres plus courant et les nouveautés aussi. Mais là le fond (ouvrage pas forcément récent:plus d'un an) est très riche.
L'accueil est très bon, le libraire très sympa et serviable, l'idéal pour demander un conseil ou même des précisions sur le créneau d'un éditeur,d'une collection. Rencontre aussi avec les auteurs comme Christopher Priest, Francis Berthelot et pleins d'autres...(vr sur le site de la librairie).
La librairie vous fait également une offre si vos ouvrages l'interesse.
Pour s'y rendre: 8 RUE RIESENER 75012 PARIS métro Mongallet ligne 8
Pour joindre la librairie: 06 24 64 22 08
Lorsque je m'y suis pointé la librairie était rempli (des "blogguers" du cafard cosmique site dédié à la littérature de l'imaginaire) qui s'y était donnés rendez vous avant de faire un "cafarnaüm"(lire cafarnahome je vérifierai l'orthographe une autre fois) dans un café voisin. Le principe du cafarnaüm est de venir avec son livre de sf/fantasy que l'on a beaucoup aimé, d'en parler, et de repartir avec un autre livre présenté par une autre personne. Une bonne façon d'y découvrir de nouveaux livres et auteurs, de rencontrer d'autres passionnés, de faire de nouvelles connaissances!
Ps: si vous êtes d'une autre région de la france et que vous connaissez dans votre ville une très bonne librairie de sf/fantasy, merci de me contacter et de me fournir le renseignement! Il serait injuste que seuls les parisiens sachent où aller...
Ravhin/L'afghan.
27 novembre 2008
Une bonne librairie que tu dois venir voir
La mienne !
30 octobre 2008
17 rue de Jouy
Librairie "Michèle Ignazi". Dans mes souvenirs, elle portait un autre nom, mais les Pages Jaunes ont toujours raison.
Une
librairie comme on les aime, avec plein de livres partout et où il
reste juste la place nécessaire pour circuler. Une librairie à taille
humaine qui empêche toute démarche d'aseptisation du magasin et toute
envie de transformer la boutique en pré-cantine scolaire comme nos
amis de la rue Marivaux (très gentils, ceci dit). Une librairie où on
ne trouve que de bouquins intéressants et où tenter de donner une
fourchette (de Freud à Calet ?) serait complètement superflu tant il y
a de bijoux dans ce petit local.
Mais attention, que des livres
scrupuleusement choisi par leurs qualités et leur interêt, si vous
cherchez le guide vert de Moldavie ou un bouquin sur la meilleure
méthode pour maigrir par les régimes au chocolat, passez votre chemin.
Enfin non, entrez acheter un bouquin qui vous accompagnera jusqu'à des
librairies creuses comme Lamartine qui pourrons vous proposez huit
quintaux de livres qui ne disent rien. Michèle Ignazi est au delà de ce
genre de bouquin qui un jour où l'autre seront condamnés à vivre dans
les toilettes parce que personne le les rangent ou comme sous-tasse sur
la table du salon. Michèle Ignazi propose de vraie belles choses.
Qu'on
aime où pas, peu importe, mais des bouquins bien foutus. Ce n'est pas
parce qu'on est pas transcendé par un bouquin qu'il est mauvais: "C'est
bien écrit, bien foutu, mais c'est pas mon truc" disait un célèbre
sociologue du livre que l'on appelle Mathieu.
Je ne vous en dit pas
plus, je vous laisse vous rendre 17 rue Jouy, métro Pont Marie,
continuez la rue des Nonnains d'Hyères jusqu'à ladite rue, et laissez
vous envahir par cette sensation que dégagent les rayons.


