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Pour une fois (hum), je ne vais pas aller vous boursoufler le cortex avec un texte. Son emballage suffira.

Du coup, vous comprendrez bien que la belle couverture n'apparaissent pas dans l'album photo des bouquins dont quelqu'un a parlé ici.

De retour de vacances et après avoir scandaleusement versé dans l'oisiveté, je me suis retrouvé nez à nez avec une gros machin à couverture rigide qui affirmait contenir des nouvelles russes contemporaines, et ma curiosité guidant mes mains, j'ai jeté un oeil. Même si on y trouve des noms honorables, attractifs ou même carrément sexy (je peux aller vous citer Vladimir Sorokine, Zakhar Prilepine, Elena Pasternak qui doit avoir de qui tenir) et un paquet de noms inconnus à découvrir, il faut bien avouer que de prime abord, il y a plein de trucs qui pêchent.

Certes, je ne parle pas souvent de mauvais et je ne suis pas si langue bifide que ca (rien à voir avec le yaourt), mais sans encore lire la moindre nouvelle, mon enthousiasme sur l'idée de l'éditeur est vite retombé quand j'ai vu le résultat et la réalisation.
Une préface de Mazarine Pingeot. Bon. Le rapport avec la Russie contemporaine et/ou la Perestroïka n'apparait pas comme évident. Choix plus judicieux auraient été Luba Jurgenson ou Sophie Benech, si volonté d'attirer un grand nom pour parler de la Russie, plutôt que Mazarine Pingeot qu'il convient de présenter (écrivain, prof de philo et chroniqueuse à la télé, c'est écrit) et d'étaler sur la converture à la place des auteurs.
La maquette en elle même semble belle de l'extérieur mais les détails cheap finissent par sauter aux yeux dès que les mains feuillettent le bouquin. Le papier a l'air classe mais s'avère finalement faussement chic, la mise en page est jallonée d'effets de style solitaires et trop éparpillés pour que ca en jette un max, la table des matières est difficilement trouvable et on constate vite qu'on galère à trouver le nom des auteurs qui ont composé, le travail de l'imprimeur est très propre mais l'achevé d'imprimer est resté à quai.

On en arrive à détacher totalement la qualité littéraire des textes choisis et à être rebuté par l'emballage. On imagine un type en costard débarquant au Rotary sans chercher à cacher ses chaussures bon marché et usées. Et une fois qu'on a vu les chaussures, tous les autres détails sautent aux yeux, avec le dernier bouton de la chemise ouvert sous la cravate, les traces de chiffon sur les lunettes, une petite tâche sur la manche de la veste, la chassie au coin des yeux, ou ce genre de chose. Dans ce cas là, si le Rotary ne t'est pas naturel ou si tu ne veux pas y aller, ben n'y vas pas.
Qu'on ne se méprenne pas, je ne parle pas des textes que je confesse volontiers ne pas encore avoir lu, mais pour une fois, je parle du boulot de l'éditeur avant celui des auteurs. Et là, les mecs, le classe low cost, ca dessert le choix des textes, certainement pas dégueus, pourtant.