morphineTréssaillez d'allégresse, mes amis, parce qu'aujourd'hui, je vous apporte de la morphine ! Le néophyte semble apprécier, d'après notre pote anonyme avec qui je me pointe aussi, alors je suis sûr que vous allez finir par me remercier.

Mais il me faut aussi vous prévenir, non sur la morphine mais sur celui qui vous en parlera et vous montrera comment ca marche. Il est sympathique, on finit par l'apprécier, mais son propos peut être lassant.
Il vous expliquera par quoi il est passé, et que l'excès de morphine vous provoquera des sueurs, des abcès et tout un tas de gadgets qui finissent par devenir lourds par trop de fréquence. Il le dit souvent. Longtemps. Au moins, vous saurez que vous deviendrez addict et que votre corps se détéroirera malgré les quelques effets positifs des premières fois.

Même si vous sentez qu'il ne reconte pas de la merde, ce garcon, vous finirez vite par vous apercevoir que votre regard vagabonde pendant qu'il vous cause des effets désastreux de sa consommation. Son discours n'est pas très bien écrit, mais à sa décharge, n'a jamais été destiné à la publication, et c'est son toubib qui a livré le manuscrit à une revue médicale avant que, bien des années plus tard, l'édition ne s'en empare. Lui n'a jamais vu son écrit publié (attention, tu discutes là avec un mec qui est mort de son addiction), et ce n'est probablement pas plus mal.
Son journal a sans doute été rédigé pour une bonne raison, mais tu ne dois pas t'y lancer avec une espérence littéraire quelconque. C'est répétitif et par moment lancinant, mais la prétention littéraire est ici inexistante. Si l'envie te prend de t'intéresser au pourquoi de la dépendance, attends toi à une petite déception. Le médecin à qui l'idée de la publication est venu a du travailler sur le texte et arrêter son choix sur les passages décrivant les symptômes ou effets secondaires de la prise abusive.

Pour être tout à fait franc, bien qu'il figure au catalogue d'Allia, maison très littéraire et qui verse souvent aussi en philo, le journal que je te présente se borne au médical. Ne voyez aucune critique acerbe dans mon propos, je ne vous bassine pas en vous disant que c'est pourri parce que c'est médical, mais il me faut te mettre en garde: fais gaffe, c'est pas du tout littéraire.