Carlos s’a978-2-267-02636-8gperçoit que son fils est victime de racket. Ne sachant le défendre, il agit avec lâcheté face à une situation qui s’envenime. La faiblesse du père supplante la fragilité du fils. Des décisions sont prises en dehors de tout bons sens. Pourquoi ?

Le texte d’Isaac Rosa est fondé sur cette question. Il en pose même plusieurs autres : De qui avons-nous peur ? De quoi ? Quel est la source de ce mal ? Des réflexions sur l’agresseur, les jeunes, l’étranger, la peur du policier, la douleur, les lieux de la peur s’enchâssent avec l’intrigue principale, celle qui met en scène Carlos et son fils Pedro, comme pour allier la théorie à la pratique. Carlos, c’est l’exemple à ne pas suivre mais nous n’agirions peut-être pas autrement, on lui trouve des circonstances atténuantes. Le lecteur, couteau sous la gorge, est dos au mur tandis que le texte de Rosa prend tout son sens.

Il débouche sur une critique sévère de l’hystérie sécuritaire en place dans nos sociétés occidentales. La classe moyenne en prend pour son grade: le conseil de prudence du ministère de l’Intérieur en dit long sur cette peur instituée où «  l’ignorance peut toujours être compensée par l’imagination ». Les fictions jouent leur rôle, les médias et la télévision nous apprennent à avoir peur. Ce qui finalement « repose sur pas grand-chose » atteint des proportions telles qu’elles provoquent une tragédie. L’historie de Carlos vire à la tragédie, tandis que le message d’Isaac Rosa, un brin moralisateur, nous invite à garder notre calme.

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