bookwater

Comme on commence la nouvelle année et que je suis un être particulièrement sensible et gentil, je vous fais grâce de certaines mauvaises expériences. Et puis aussi parce que bon, c'est relativement dispensable.
Et comme je suis un enfoiré, je vous en parle un peu quand même. Non pas pour être salaud en vous boursouflant le cortex avec des bouquins qui devraient rester discrets mais pour approfondir un peu l'un d'entre eux.

Qu'on me permette de passer rapidement sur un court texte de l'Arbre Vengeur, pourtant éditeur tout à fait respectable et pourvoyeur de bons textes. Il s'agit d'un recueil de petits textes, presque des chroniques, mettant en scène un professeur d'astronomie irrascible aux théories fantasques. Il s'agit non d'un personnage réaliste mais d'une illustration de l'image du savant fou (bien qu'il soit relativement sage comparés aux savants fous imaginés depuis quelques décénnies) désireux de moraliser la science et employant son mauvais caractère.
Pourtant, il y a un problème de rythmique qui écorche le résultat général. Je me souviens d'un article dans lequel je parlais de kayfabe, de cette problématique qui tente systématiquement et vainement de définir la nature liant le comédien au personnage qu'il incarne, de l'auteur et du personnage. On retrouve ici comme problème ce qui constituait tout le charme de Raphaël Meltz. On retrouve des morales ou des tentatives de philosophies selon les mêmes occurrences que clele de Fitzgerald dans Gatsby, mais bien trop téléphonnées, sirupeuses ou faciles pour enrichir le propos et le mode de pensée du professeur Acariâtre.Alors, je me tais.

Décu, je suis allé chez Gertrude Stein, sans avis ni repère particulier, juste pour voir. La préface mettaitn rapidement en exergue une certaine solitude littéraire. Le travail fourni, les textes livrés semblaient être mal accueillis par ses collègues. Alors oui, certes, elle fut l'inspiratrice de toute la génération perdue, de Fitzgerald à Hemingway, et cotoya Picasso et Picabia (pour ne faire qu'un best of de son salon), mais pourtant, le style pêche. J'ai également lu, je ne sais plus où, qu'elle était comparable à Borges. Oui, c'est vrai, j'avais quelques repères quand même, alors.
Et je ne suis pas sur que j'aurais du m'y fier. Pourtant, je me prends à me signaler à moi même que, comme en ces temps où j'a commencé Henri Calet et suis resté sceptique, j'ai pris le mauvais chemin. "T'as pas aimé Calet ? Mais t'as commencé par le mauvais, aussi !". Donc, on verra bien lors d'un prochain épisode.

Mais qu'on ne s'en fasse pas, oh non. Il y a plein de trucs sur le feu, à venir bientôt.  On aura du Pilniak, du Maïakovski, du Crane, du Gainsourg, même (si, si). On oublie deux penalties ratés, et on attaque encore.