scotland-yard-1800-dobbs-stephane-perger-9782302023390Wow, mon Dieu, mais qu'est-ce que c'est que ca ? Est-ce que c'est bien ce que nous, lecteurs, pensons que c'est ? Eh ben oui, vous réponds-je, ca fait plus d'un an que je n'en avais pas ouvert, mais oui, c'est bien une bande dessinée !

Et ce retour fracassant de la BD sur la Confrérie sera marqué à jamais (et avec emphase) par Scotland Yard. Rassurez vous, il s'agit du travail de Dobbs et Stéphane Perger, je ne suis pas allé chercher l'autorisation de parler du vrai Scotland Yard au milieu de la rentrée littéraire comme ca.
Ici, par l'intermédiaire d'une chasse à l'homme consécutive à l'évasion de plusieurs prisonniers pendant un transfert, on se balade dans les locaux du Yard et dans le Londres du XIXe siècle. On y croise tout plein de personnages et de références, on fait coucou à Philéas Fogg, Frederick Abberline, Jack l'Eventreur, Bram Stoker, Sherlock Homes, du docteur Seward, et de tout plein de figures victoriennes, qu'il s'agisse de personnages de fictions ou de vrais bonshommes. Un cocktail de plein de contemporains qui n'ont pas forcément existé et dont la simple évocation ou la véritable présence dans l'histoire donne tout con cachet à la BD.
Il y a toute une ambiance de smog, aussi, propre à la Londres victorienne encore, aux années Jack l'Eventreur et qui a conféré à Londres tout sa part de mystère et de légende qui fascine encore aujourd'hui. Les scénariste et dessinateur ont réussi à reconvertir cette fumée omniprésente en expression de l'imaginaire et de l'onirique, et on est plongé très vite dans l'opposition entre le réalisme cru et le fantasme en filigrane qu'on retrouve dans toutes les oeuvres de l'époque. Du coup, l'atmosphère est vachement bien rendue et donne envie.

On en vient même à regretter la rapidité de l'histoire et de son dénouement. C'est très dense, c'est très bien rendu mais le scénarion est parfois un peu rapide. Comme tous les premiers tomes, il faut installer les personnages et bien les poser, mais un cliffangher et un tome supplémentaire n'aurait pas été volé malgré tout. Les personnages auraient été plus denses, la chasse à l'homme plus marquée et on aurait ressenti cette ambiance de smog, de fumée et de brouillard mêlés, jusque dans l'affaire elle même, jusque dans les personnages. Un peu plus d'opacité, parfois, amène le lecteur à se délécter encore plus de l'éclaircissement final.

Mais, néanmoins, il faut lire cette BD. Le tome 2 vient de paraitre, et il vous faut commencer par le début, celui-ci. Et si ca vous branche, Soleil en fait paraitre plein, dans cette collection. Elle s'appelle 1800, et on y retrouve tout le monde, de Jack l'Eventreur à Van Helsing en passant par le docteur Jekyll, Mister Hyde, Allan Quatermain, Dorian Gray, Dracula ou encore Sherlock Homes posés, j'imagine, en personnage principaux, et sans doute avec plein d'apparition surprises dedans (spéculons sur Melville, Poe et Doyle, tient !).
Et ca vous fait une bonne excuse pour aller fureter dans un rayon BD si vous n'y allez jamais.