dombrovskiC'est épais, velu et très bon. Voilà.
Bon, d'accord, je développe, mais c'est bien parce que c'est vous. Il s'agit là d'un auteur russe, goulagué et assigné à résidence à plusieurs reprises mais qui toujours a écrit, et opposant ferme mais pas si vindicatif au régime du père Staline.

Alors bon, comme ca, vous voyez sur une couverture Le singe vient réclamer son crâne, vous vous dites quoi ? En voilà un chef d'oeuvre de l'absurde, tiens ! Et bien non. En revanche, chef d'oeuvre oui, et virtuose, aussi (et c'est au détail très terre à terre de l'épaisseur du bouquin qu'on reconnait ceux qui allient les deux) et je concois volontiers que jusque là, je colle au Singe vient réclamer son crâne une image rébarbative tant les qualificatifs que je lui colle le sont aussi pour des bouquins vraiment rébarbatifs.

Mais là non. On trouvera dommage que le prologue soit trop charpenté, assez long et source de soupirs non de dépit mais de ce genre de soupirs qu'on pousse après un brownie qui une fois ingéré montre à quel point il est comaque. Et après, une fois rentré dans le vif du sujet, il faut trouver de quoi s'arrêter. Contrairement à ce que laisse envisager le prologue, le bouquin se lit assez facilement et les interruptions régulières finissent assez vite par devenir facultatives contrairement au prologue dans son ensemble qui les demandait, comme quoi on se retrouve avec deux livres dans le livres.
N'allez quand même pas vous imaginer que, comme Ulysse, Le singe vient réclamer son crâne fourmille et déborde de références diverses, variées et très poussées. On pourrait éventuellement comparer les deux si on part du point de vue de la construction du récit dans son ensemble, de l'aspect tentaculaires qui les caractérisent et de ce besoin de chiner dans le texte qu'on éprouve à la lecture. Le singe vient réclamer son crâne est bien moins velu (et porte moins la Russie qu'Ulysse ne porte l'Irlande; et n'a pas de visée politique, aussi indirecte soit-elle; et n'est pas non plus le livre d'un auteur mais ici un livre de l'auteur) et ne demande pas forcément une culture hors norme comme celle de Joyce, on est là dans l'esprit du roman qui tend plus vers les sciences humaines que vers la culture générale à outrance, comme quoi, il ne faut pas avoir peur du livre que je défends ici et vous pouvez même trouver ici que mon parallèle est hasardeux. C'est promis, je ne vous en voudrais pas.

Il y a aussi, je viens de tomber dessus à l'instant, un petit billet, sur un blog qui jusque là m'était inconnu, qui complète parfaitement mon laïus dont je ne suis pas certain qu'il décrive le texte avec tant de justesse que je le souhaiterais. D'où, ce lien.

Pour ceux, enfin, qui connaissent déjà Verdier, et même pour les autres, d'ailleurs, n'excluons personne ho !, Le singe vient réclamer son crâne rentre parfaitement dans l'ambiance et l'état d'esprit qui caractérise ses collections slaves.