Et quand je parle là de prix, j'englobe tout le monde, pas que Pivot.

Je finis par me demander si, quand tu décernes un prix (tu permets que je te tutoie ?), tu n'es pas aussi important que le lauréat lui même.

Tu permets que je te tutoie ?

Au fond, la valeur de ton prix ne dépend pas de celui (ou ceux, sur la durée) qui sont primés, mais de toi qui le donne.
Non pas que je veuille avancer l'argument que sans jury, le prix n'existe pas, ce serait inique, je parle d'autre chose.
Par pure mégalomanie, prenons nous en exemple. Le premier venu tombe sur un article sacrant un titre et lui accordant le titre de meilleur roman de l'année. Il se dira que tiens, il ne connait pas les hurluberlus qui le décernent, et épluchera scrupuleusement les pages du blog pour voir ce que vaut notre avis.

Forcément, si on est expert des oeuvres de Fiona Neill et de Meg Cabot, les raisons qu'on aurait eu de sacré le livre sacré (le livre en question, je veux dire. On ne va pas non plus remettre à la Bible un prix littéraire. Faut pas déconner !) seront l'objet de doutes assez fermes de la part d'un sacré paquet de monde. Il y aurait là un problème de crédibilité, on lit des cales-portes et on prime un bouquin qui n'appartient pas au genre pour deux kopecks.
De même si en un an, on ne poste que deux articles chacuns. Au quel cas, le visiteur averti se dirait que tient, ils lisent deux livres à l'année et trouve le moyen d'en primer ? Ca reviendrait au fond à une victoire à la Mauresmo, magnifique finale dans laquelle l'adversaire déclare forfait au bout d'un quart d'heure.

Alors que si on prouve qu'on lit du bon, en quantité, beaucoup, dans des domaines transversaux, avec des choix de lectures pas forcément toujours évidents (pour empêcher tout point de vue biaisé par des choix qui ne se dirigeraient que vers un ou deux catalogues), ben là, le prix que prix qu'on décerne aura plus de crédit.

Prends en de la graine, Giesbert !