02 septembre 2009
La légende de nos pères
Chalandon signe un bouquin assez étrange. On y retrouve son père, vivant uniquement dans les souvenirs qu'il couche sur papier, et un autre ancien résistant qui met à contribution sa casquette de biographe public en lui racontant cette époque.
C'est étrange et au final un peu confus, on se retrouve pris dans une toile composée comme un patchwork, entre ses souvenirs de son père, les souvenirs de son client de qui il devra mettre en forme la bio, les pages déjà prêtes de ladite bio, les relations qu'il entretient avec la fille de son client (qui allonge le pognon). On est à la fois aujourd'hui et cinquante ans plus tôt, à la fois résistant et retraité et les intrigues qui se chevauchent donnent l'impression de se battre: lorsque l'une démarre et s'envole, elle est rattrapée par une autre qui, sans transition (un peu comme dans La Soif), prend le relais et laisse l'autre en plan et le lecteur est freiné dans sa lecture. Lorsque l'histoire qui s'envolait reprend a main, on est un peu anesthésié, on met quelques lignes à la reconnaitre avant de repartir pour trop peu de pages.
Pourtant, qu'on ne se trompe pas, elles ont beau se pietiner les pieds, les différentes intrigues (bien qu'elles composent la même histoire), elles n'en sont pas moins flanteuses. Il y a quelque chose au fond, et toutes les différentes intrigues se révèlent finalement reliées par une entité plus grande qui les regroupe toutes. Elles s'articulent toutes autour des mêmes personnages, des mêmes intérêts, mais vus de différents point de vue: celui qui veut savoir, celui qui raconte, celui qui transmet à la fille de celui qui raconte, celui qui fait dans les flashbacks, etc...
C'est assez sophistiqué, en fin de compte. La construction est assez multiarticulée et ambitieuse, mais Chalandon ne s'en sort pas si mal. Concernant la plume, pas grand chose à dire, en revanche, elle s'intercale dans la catégorie des bouquins où cet aspect est secondaire. Elle n'est pas digne des plus grands, mais elle pas mauvaise malgré tout. Elle passe inapercue. Tant mieux, quelque part, c'aurait été dommage qu'elle marche sur la charpente du récit.
Commentaires
Point(s) de vue(s)
Bonjour, je suis assez d'accord avec votre point de vue sur ce roman bien construit et assez captivant. Toutefois un bémol sur le style à mon goût trop linéaire dans la sécheresse. Il lui manque un petit supplément d'âme pour être totalement convaincant.
Mais comme plusieurs points de vues valent mieux qu'un en matière de littérature, je vous invite à visiter mon blog et comparer mon avis (+ 2 extraits) sur ce livre.
Bonne lectures,
Eric Tchijakoff
www.leutchi.fr
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