les_fausses_mesuresRavhin, cette fois ci, tu n'auras même pas à t'époumoner en voyant que le visuel n'est pas dans l'album photo, le site de l'éditeur lui même en est dépourvu. ( Ah ouais?^^ >ajout de ravhin)

Cette parenthèse refermée, on va pouvoir passer aux Fausses Mesures, parce qu'on est la pour ca, quand même.
Je sais que beaucoup aiment les critiques auxquelles sont greffées un résumé du bouquin, mais comme d'habitude, je n'en ferais pas. D'autant que Les Fausses Mesures rentre pile poil dans la catégorie de bouquins, non seulement à défendre absolument, mais en plus dans celle des bouquins qu'on a vraiment aimé et pour lesquelles tout synopsis aboutit à un flot abondant et feuillu d'information sur l'histoire elle même et fatalement à un gâchis de la lecture. Parce que oui, si je vous raconte tout, vous n'aurez plus envie de le lire. Joseph Roth, c'est quand même vivant, c'est pas du Kundera. Donc, par pur souci de maintien de votre envie de vous jeter sur Les Fausses Mesures, je tiens à me tenir le plus éloigné possible du risque de faire un résumé trop long qui vous ôterait l'envie de le lire simplement parce que je n'ai pas pu m'arrêter dans mon homélie.

Pourtant, je peux quand même vous en parler. Pour ceux qui aiment la littérature et la bonne vieille expression du genre romanesque, c'est pour vous (tiens, prends le !); et pour ceux qui aiment les contes, c'est pour vous aussi (tiens, prends le, toi aussi !). Je vous sens perdu, d'où la nécessite de développer les lignes précédentes.
Les Fausses Mesures est à situer entre le conte et le roman. J'entends par là qu'on retrouve autant d'expressions de ces deux genres au sein du texte. Effectivement, on retrouve les ficelles que Roth a utilisé dans les contes, malgré la construction du récit comme un bon roman. Malgré le style sur lequel il raconte l'histoire d'Eibenschütz, artilleur reconverti en fonctionnaire dans une région froide de l'Autriche-Hongrie, on discerne le schéma narratif du conte et on peut établir un parallèle avec ETA Hoffmann (ou Andersen), bien que l'univers fantasmagorique ne soit ici pas clairement défini. Par exemple, les personnages eux mêmes sont des personnages de conte, s'il on y regarde bien, et bien que Joseph Roth n'ai pas eu besoin de deux cents pages pour le faire (comme Stieg Larsson, par exemple), on cerne bien les personnages e leur provenance, même si l'exploitation qui en a été faite pour le récit correspond plus à ce qu'on retrouve dans les romans standards.
Mais si, allez, reprend une aspirine.

Outre la manière dont Joseph Roth a travaillé un conte pour le faire entrer dans le genre romanesque, pour ceux qui se le demanderait, on ne se retrouve pas face à un brownie comme d'autres auteurs qui expérimente un roman qui mêle plusieurs genre. On est pas dans la densité de Julien Capron ou de Chloé Delaume, mais on se retrouve dans un style assez dépouillé qui ne s'encombre pas de fioritures diverses, ni de bibelots superflus, ni de moulures circonstancielles, ni de trucs et de machins surnuméraires.

Pour ceux qui aiment les métaphores à deux balles, enfin, ce roman est comme un torrent de montagne. Il suffit de se planter devant et de se laisser porter par lui. Je mets d'ailleurs au défi le premier venu (et les autres aussi) d'avoir recours à un marque page pour la lecture des Fausses Mesures.

(Putain, je me suis jamais vu aussi dythirambique...)