La Confrérie des Libraires Extraordinaires

"Le libraire est l'ami du livre; pas de tous les livres, mais de ceux qu'il considère assez pour les transmettre aux lecteurs." Tahar Ben Jelloun

23 avril 2009

Je suis ton petit-fils

kotcherguine

Qu'on me permette, après quelques pages lues, de faire la moue. Ravhin remarque (à tort ?) que je ne poste pas beaucoup de critiques dithyrambiques, qu'il ne s'attende pas à en lire une ce soir.

Comme le suggère la couverture (chelou) et l'auteur (contemporain, jeune et russe) on peut s'attendre à un bouquin de la trempe d'Ikonnikov, soit, comme un paquet de plaisant auteurs russes actuels, des énormités et des scènes absurdes écrites sur un ton tellement monocorde qu'elles paraissent presque comme ordnaires. Alors, après la décéptions du Dieu des animaux dont j'ai réussi à parler dans le post précédent, je me suis dit qu'un auteur russe à moitié fou (comme Svetislav Basara, d'ailleurs, mais avec la qualité qui fait défaut à Kotcherguine, pour ce volume en tout cas) pouvait faire repartir sur de bons rails mes choix de lecture.

Eh ben non. Kotcherguine n'est pas du tout fou et Actes Sud publie trop, ces temps ci. Il est même trop normal comparé à Kourkov, Ikonnikov ou Sorokine. Le personnage du roman de Kotcherguine est Kotcherguine, exilé temporairement en Belgique dans une résidence d'auteur pour pondre un roman, et décide de parler dans son futur prochain né de son grand père, ministre sous le régime du parti unique. Il s'agit pourtant d'une facon détournée de parler de sa grand mère, mamie-gâteau effacé par le personnage charismatique qu'est son mari.
Kotcherguine a connu sa grand-mère qui exercait sur lui une certaine fascination assez inintéressante. Tout le monde a connu et admiré ses grands-parents et peu de monde leur consacre un livre où l'on peut raconter les sorties en ville, les soirées à discuter, les bons gâteaux et tout les petits souvenirs d'enfance. Par exemple, mes grands parents habitent sur la Manche et chaque sortie sur la plage qui jouxte leur maison est consacrée à des recherches acharnées de cailloux verts, débris de bouteilles polis et rejetés par la mer (les voisins appellent ca des trésors mais l'appelation exacte est bien cailloux verts), et pourtant, moi qui espère être publié, je ne raconterais pas ca dans mon bouquin parce que ca n'a aucun intérêt. La digression elle même entre parenthèse est destinée auxdits voisins et est circonstancielle.
Le livre d'Ilya Kotcherguine aussi. Il est sans doute intéressant à lire quand on a connu la grand mère de l'auteur, mais en tout cas, ce n'est pas mon cas.

Commentaires

T'oublies de mettre tes photos dans l'album...

Posté par Ravhin/l'Afgahn, 24 avril 2009 à 23:42

"Ravhin remarque (à tort ?) que je ne poste pas beaucoup de critiques dithyrambiques, qu'il ne s'attende pas à en lire une ce soir."

Oh t'es pas sympa! ;)

Posté par Ravhin/l'Afgahn, 24 avril 2009 à 23:50

je suis exceptionnel meme :p
faut qu'on se prenne plusieurs verres, un jour, nous !

Posté par adnihilo, 25 avril 2009 à 00:14

Les auteurs russes contemporains sont un désastre, les Enfants de Pouchkine, Dostoïevski & Tolstoï déshonorent le pays.
Mais bon, il reste toujours quelques auteurs du 20ème, des perles rare cependant.

Si tu veux lire du russe complet, beau, monumental, magnifique, ne prends pas les petits nouveaux. Ça vaut les Marc Lévy et compagnie, pas un grain de plus.

Posté par Hazel, 23 juin 2009 à 15:13

je suis pas tellement d'accord. d'une part, parce que pour faire du vraiment mauvais, faut se lever de bonheur; d'autre part, parce que les nouveaux russes sont capables de tout et en général, sont irréguliers. il y a à boire et a manger, il suffit de se reperer la dedans.

Posté par adnihilo, 29 juin 2009 à 19:34

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