SassafrasAprès Pons qui trucide sa femme et ses voisins, des vacances en Bretagne dans une ville de province aseptisée (mais néanmoins reposante), un Murakami qu'on peut oublier sans cas de conscience, une bouse pseudo érotico-intello-prétentieuse, un bouquin rigolo s'imposait.
Et comme la réception d'Obaldia à l'Académie s'était faite à une époque où c'était un gage de qualité, je me suis dit que c'était une bonne idée de se pencher sur Du vent dans les branches de sassafras.

En commencant la lecture, on s'attent à tout, sauf à ce sur quoi on tombe. Nez à nez, même. En effet, sassafras n'est pas un lieu, mais un arbre, ca ressemble même à ca. Etant donné qu'on le retrouve plutôt dans le centre est des Etats-Unis, on ne va pas s'étonner qu'Oeil-de-Lynx, le Peau-Rouge de la pièce, s'en serve pour communiquer à ses troupes la situations des cow-boys prisonniers de leur ranch assailli.
Obaldia se défoule pas mal, dans sa pièce. Il campe bien les personnages, les excluant tous de la normalité. On se retrouve avec un vieux de soixante dix ans (comme pouvait l'être Claude Rich dans Coeurs, de Resnais), un toubib qui se pochtronne à longueur de scènes, une femme soumise, une fille entrant parfaitement dans le canon de beauté de maintenant, un fils jeune et pâle blouson de cuir, un sherif blasé mais courageux et espagnol, des indiens pas bilingues et même une prostituée as de la gâchette.
Tout ce petit monde, au milieu du dix neuvième siècle, un peu à l'est des états où s'illustraient Wyatt Earp, Jesse sassafrasJames, les frères McLaury, "Wild" Bill Hikok (éphémère mari de Calamity Jane), "Curly" Bill Brocious, Doc Holliday, Daniel Boone ou encore Frank Quantrill, Obaldia flingue l'aura des as de la gâchette en reconstituant la situation type du cow boy en détresse mais qui résiste jusqu'au bout, les dépeignant comme peut le faire le quotidien. De même que le roi Arthur, pour rester dans la mythologie, ne devait pas être le plu noble des hommes tous les jours, il devait par exemple forcément dire des gros mots (comme le démontre Alexandre Astier, par exemple).
Parce que oui, le western et ses mythes sont la mythologie américaine. Et Du vent dans les branches de sassafras, par son décalage et son cynisme lorsqu'il s'agit de légendes, se rapproche de Kaamelott. L'un châtie bien les légendes bretonnes, l'autre le mythe sheriff et des as de la gâchette, des vrais. Du western.