Australia_Underground   Quoi?!! Encore un polar actes sud?? (je vous entends déjà...) Mais vous n'auriez pas tord. De toute manière je mets un peu le polar de côté et me replonge dans la Sf (avec le cycle de fondation, Asimov).

  Commencer Australia Underground juste après Ellroy est assez étrange. C'est comme un choc culturel et il faut quelques jours pour s'y habituer. Ellroy vous fous la tête si loin sous l'eau qu'il vous faut pour remonter quelques palliers de décompressions. Mais une fois remonter et que l'on prend la mesure d'Australia Underground, on l'apprécie. On l'apprécie même beaucoup!

  Avec Ellroy on a la face caché d'un monde, son côté sombre mais réel. Avec Mc Gaham on a ici plutôt un côté militant, une interrogation sur le délire sécuritaire, entendez par là la perte de notre liberté en échange de notre sécurité. Australia Underground est complétement fictif. Son action se déroulant dans le futur nous montre un avenir possible, mais surtout, nous fait entrevoir une évolution. Vers quoi notre société peut se diriger. Andrew Macgahan va même plus loin, il nous montre même que cette sécurité n'est qu'un leurre, un hochet que l'on agite devant nos yeux pour nous contenter.

  Je vous avoue avoir dévoré assez frénétiquement les derniers chapitres, le suspense me prenant tellement. Je devorais tellement les lignes que j'en sautais parfois sans le vouloir, m'obligeant à relire, tellement j'étais pressé de savoir la suite. Australia Underground correspond à notre époque (n'installons nous pas de plus de caméras? Ne devons nous pas désormais dénoncer le premier venu pour empocher quelques billets?...) Peur et suspicion. Peur et haine. Peur. Peur. PEUR!!! Ce sont des sentiments exploités dans ce super récit. (l'écriture n'est pas aussi puissante et violente que celle d'Ellroy mais son sens l'est).

  Le récit est construit de la même manière que pour "Derniers verres", son précédent livre (dont une critique est présent sur le blog). Une alternance efficace du présent (en 2010) et du passé pour comprendre comment on a pu en arriver là (L'Australie est au temps présent du récit une dictature sécuritaire). Austalia Underground se lit sur un rythme rapide. Notre héros qui n'en n'est pas un se fait enlever par un groupe terroriste, puis libérer par l'armée. Ouf se dit notre héros, mais non. L'armée veut le tuer. Pourquoi? c'est tout de même le frêre du premier ministre, même s'il a peu de contact avec son frêre...
   Mais Australia Underground, ce réseau de résistants à la dictature sécuritaire en place le sauve lui et la chef des terroristes, et c'est le début d'une fuite. Ils sont désormais tous en dangers de morts. Nous en apprenons beaucoup au fil de leur échappée sur l'après 11 septembre en Australie. Sur les changements provoqués par le péril terroriste, et sur son exploitation par les politiques les plus réactionnaires. Si nos héros sont en dangers de mort, c'est que le gouvernement Australien a peur d'une chose... Que la vérité se fasse sur le plus gros mensonge qu'elle a orchestré!

Un récit très rythmé, efficace, une belle réflexion sur l'exploitation de la peur et de l'ignorance, sur la tolérence et la liberté. Ajouter à cela une tension de plus en plus forte à mesure que les pages se tournent et que la fin approche...

L'afghan/Ravhin.