pelouseQui n'a pas lu Brautigan se doit de le lire. La vengeance de la pelouse en premier lieu, dans laquelle il expose pêle mêle de courtes histoires probablement vécues, et transcrites dans un style très dépouillé, juste assez pour se laisser le soin de replacer une ligne totalement absurde. Prenons pas exemple la description d'une roulote crade sous un ciel gris dans laquelle se confine un bucheron illéttré et retraité ayant pour seul compagnon une créature mi-chien mi-chat honorant les visiteurs d'un "miaouf".
Je reconnais ne pas savoir retranscrire une anecdote comme Brautigan le fait lui même et le réussit, il n'y a que lui pour raconter des faits comme La vangeance de la pelouse, et probablement comme dans ses autres volumes.
On peut aussi vanter ce bouquin comme plongeant son lecteur dans les Etats-Unis des années 1950, comme une série de textes qui se lisent tout seuls, comme un livre de nouvelles, et par conséquent tronconnable et grapillable à souhait, mais la facon dont Brautigan raconte les anecdotes qu'il a vues ou entendues supplante tout autre argument, jusqu'à le rendre superflu. Tout simplement.