kehlmannEn le voyant sur la table, je me suis dit que puisque Les arpenteurs du monde était pas mal, Gloire devait être dans la lignée.
Gloire se compose de neuf nouvelles qui, éventuellement, peuvent avoir un lien entre elles. Encore que. Elles ne sont liées que par paire, quand elles trouvent dans le bouquin une siamoise digne d'être leur soeur. On trouve, pour ne citer que la meilleure et la plus rigolote, voire même la seule digne d'être relevée, un citoyen allemand banal, qui répare des PC récalcitrants, qui du jour au lendemain recoit sur son portable des appels qui ne lui sont pas destinés, mais qui tendent vers Ralf, un homme qu'il n'a jamais vu. Excédé dans un premier temps, le techinicien se prend au jeu et répond aux appels en se faisant passer pour le destinataire espéré. On trouve donc quelques actes gratuits, mais marrants, comme lorsqu'il hurle dans le téléphone "On annule tout !" sans avoir la moindre idée de son interlocuteur, du sujet de la conversation, ni même de ce qu'il annule. Pourtant, aussi cocasse soit-elle, cette nouvelle aurait pu être géniale si Kehlmann avait eu lidée (géniale, elle aussi) de l'écrire avec un peu d'inventivité, même un petit peu. Mais non.
Pour ceux qui, malgré tout, sont tentés par le nouveau né de l'auteur des Arpenteurs du Monde, je préfère vous prévenir, la meilleure est la première, les autres le sont moins et le recueil est au final un dégradé de couleurs. Mais la première peut valoir le coup quand même, si vous n'avez rien à lire, un soir, esseulé(e) dans le salon, sans rien à la télé ni amis dispos.