bennettNe faites pas comme moi. Ne lisez pas La reine des lectrices par accoups, par petits bouts. Lisez La reine des lectrices comme le texte le mérite, d'une traite, sans fractionner à outrance la lecture.
La reine d'Angleterre et des trucs qui lui gravitent autour (comme l'Ecosse, les Galles ou l'Ulster) se prend par hasard à la lecture, happée par un détour anodin dans une bibliothèque ambulante comme les anglais ont la bonne habitude d'en avoir partout. Va alors s'engager les engranages des bouquins, exactement comme pour nous, les Confrères Extraordinaires, et même comme pour toute personne qui lit beaucoup. La reine va découvrir la littérature et ne pas s'en défaire, jusqu'à faire grogner son entourage, du prince qu'elle sort jusqu'à son secrétaire particulier, Downing Street ou même ses anciens collaborateurs sécugénaires.
Si vous n'aimez pas l'humour anglais, je vous recommande de passez directement à l'article suivant, probablement publié d'ici quelques jours. Sinon, demandez à la librairie la plus proche de vous (en ce moment même) le dernier livre d'Alan Bennett. Evidemment, écrit pas un anglais, fallait pas s'attendre à de l'humour latin léger ou pire, l'humour américain dans lequel excelle Jim Carrey dans tous ses films. C'est fin, c'est une petite vanne énorme qui tient en quelques mots, même pas une ligne, au détour d'une phrase anodine, sortie avec une auréaole qui pousse soudainement sur la tête de l'auteur qui l'allonge sur un ton sérieux et un air grave.
L'absurde par excellence. L'essence de l'humour.