dufoss_Un service de presse, encore, comme Le Géant, dont je parlai quelques articles plus bas. A la différence de livre finlandais, L'assassinat est bien.
Un homme moyen, que rien ne permet de différencier de la masse de ses congénères, projette dans le plus grand secret mais après un raisonnement construit, d'aller au salon de l'agriculture et d'y assassiner le président.
Christophe Dufossé a réussi un bon truc. Il n'est pas tombé dans le piège du livre politique dans lequel il aurait pu critiquer, même sans donner le moindre nom, un petit homme nerveux et président, ou sa politique, ou ses réformes dans de vaines phrases peu constructives; il a évité le thriller réchauffé du Jour du Soleil Noir, ou de n'importe quel autre polar dans lequel le président est mignon tout plein et le forcené assoiffé de sang illustre; il a contourné le roman policier bateau dans lequel un super-flic de la mort qui tue découvre à lui tout seul et en vingt minutes, le nom du tueur et l'abat dans une course poursuite édifiante (de mouette); il n'a pas livré de roman spécialement noir dans lequel le président est au second plan et le tueur un Burce Willis anonyme mais qui s'avère posséder un redoutable et insoupconné potentiel de tueur à gages ou de Rambo carricatural.
Il a évité tous ces pièges, le bougre. Il a dressé le portrait de la journée d'un anonyme qui va devenir célèbre comme l'assassin de Sissi, de Sadi Carnot ou d'autres. Il livre un personnage plus qu'un roman, un personnage qu'on peut comparer à Meursault, dans L'Etranger. C'est Buchet-Chastel eux mêmes qui ont avancé cette comparaison, et elle n'est finalement pas conne du tout. Le personnage principal est l'insoupçonnable qui sait ce qui va lui arriver ensuite, mais qui fonce malgré tout.
Vous savez bien que la phrase qui va suivre n'est pas courante chez moi, mais je m'en fous, je le dis quand même: c'est un des bouquins du début de l'année. Je dis un des bouquins, parce que je n'ai pas tout lu, mais si vous y tenez, je vous concède volontiers que dans son genre (parce que le Chloé Delaume est difficilement comparable à celui ci), c'est le livre de cette époque.