deliusAyè. J'ai (enfin) finis Christian Delius et son "Le dimanche où je suis devenu champion du monde". Comme son nom ne l'indique pas vraiment, Christian Delius est allemand, et à lire son texte, on le remarque assez facilement.
Pour être tout à fait honnête, "Le dimanche où je suis devenu champion du monde" rentre parfaitement dans lzs clous de la littérature allemande, ou, plus largement, de la littérature germanophone (pour faire plaisir aux suisses alémaniques et aux autrichiens): le rythme est assez lent, il ne se passe pas tant de choses que ca, mais chaque élément dont l'auteur parle (qu'il s'agisse d'un personnage quelconque, d'un lieu ou d'autre chose) prend une valeur certaine tant les germanophones savent décrire ce qu'ils voient. Dans le cas présent, une simple cloche qui sonne dans une église parait fascinante. On s'y attarde, dans la description, dans les conséquences sur les voisins, dans ce qui se passe autour au moment précis où elles commencent leur voltige, et digression vers le curé qui s'en occupe et même quelques lignes pour la forme pour le fabriquant de ladite cloche. De fait, on se retrouve plongé dans l'atmoshpère comme si on vivait au quotidien dans le village au clocheton qui vibre, on se retrouve plongé dans le bouquin comme si on y était acteur. Comme quoi, les allemands savent bien manier l'atmosphère et la restituer dans un bouquin.
Et puisque cet article est censé concerner "Le dimanche où je suis devenu champion du monde", parlons du bouquin en question. Il y a quand même quelque chose de regrettable, malgré les occurences nombreuses des caractéristiques savoureuses de la littérature allemande: le texte reste trop dans les clous. L'atmosphère est vachement bien rendue, mais il manque quelque chose de différent qui démarquerait ce livre des autres. J'irai même jusqu'à déplorer ce que je louais dans le paragraphe précédent. "Le dimanche où je suis devenu champion du monde" est trop pareil, trop comme les autres, trop dans les clous; il manque ce qui pourrait le démarquer des autres. Le style est pas mal du tout mais il manque un petit peu de personnalité, de tripes de l'auteur. On y retrouve tellement d'Allemagne qu'on en arrive à y perdre l'élément qui pourrait faire de ce roman quelque chose de bien, pour que l'on puisse dire: "C'est bien, à la hauteur de la bonne littérature allemande, ca ressemble à la vraie, à la grande, et en plus..."
En d'autres termes, c'est un bon livre auquel il manque quelque chose qui pourrait lui permettre de sortir du lot. "Le dimanche om je suis devenu champion su monde" est hélas noyé dans la quantité de romans pas mauvais, voire même bon, mais qui ne peuvent pas prétendre à égaler un Zweig ou même un Hesse. Trop dans la moyenne, hélas...