Sous la pression de l'Afghan, je poste quelque chose de plus exhaustif sur la pièce de Francoise Sagan dont la réédition tardive provoquait mon émerveillement.
Lorsque je bossais au Coupe Papier, petite librairie à l'Odéon, spécialisée en théâtre et qui fera certainement l'objet d'un prochain post, la clientèle demandait assez régulièrement avec force et vigueur (et stress, parfois), des titres épuisés depuis quelques années. On avait donc, dans le panel de titre épuisés mais demandés des pièces de Marcel Aymé, quelques titres de Feydeau, l'intégralité des essais de Louis Jouvet sur le métier de comédien et dont au sujet desquels qu'aucun éditeur n'a la présence d'esprit de rééditer, l'intégralité des pièces de Steven Berkoff (à l'époque, évidemment, puisque maintenant ca va, merci Actes Sud), toutes celles également de Tom Stoppard, et bien sur Jerzy Grotowski et ses essais sur la mise en scène. Et "Château en Suède", de Francoise Sagan, publié me semble-t-il à l'Avant-Scène Théâtre du temps où il était joué dans je ne sais plus quel théâtre dans les mois suivant la fin de son écriture.
Un client enthousiaste m'avait même fait un petit exposé improvisé sur la pièce, avancant le caractère génial qui embaumait les lignes de Sagan, le démontrant par la collaboration d'André Barsacq pour l'écriture, l'Avant-Scène, l'adaptation au cinéma par Roger Vadim deux ou trois ans plus tard, le génie de la plume de Sagan, la reprise de personnages de la pièce dans un livre publié quelques années plus tard... Le patron, occupé dans l'arrière boutique, qui écoutait d'une oreille l'homélie, opinait doucement à chaque argument, et soutenant un peu plus tard les propos du client enthousiate mais décu de voir le titre épuisé.
La demande sur ce titre précis de la bibliographie de Francoise Sagan est revenue un sacré bout de fois ensuite, par les clients, par les recherches bibliographiques, ou par d'autres moyens dérivés. On m'a tellement affirmé que cette pièce était géniale que je me suis dit que j'essaierais de trouver l'édition épuisée quelque part, mais bien sûr, je me suis suffisamment cassé les dents pour avoir le droit à la machoire de "Dents de Requin" dans James Bond. Alors, j'ai un peu oublié, puisque de toute facons, il y avait bien autre chose à lire, même trop par rapport au temps dont dispose un lecteur, fut-il assidu jusqu'au sang.
Et puis, donc, c'est ressorti. C'est comme qui dirait une bonne nouvelle.