entre_les_mursJe me gratte la tête en regardant mollement la couverture. Je suis en train de lire "Entre les murs", de Francois Bégaudeau. Chez Verticales. Celui là même que Cantet a adapté au cinéma pour chourer la Palme d'Or à Cannes. Et bien tenez vous bien, c'est chiant.
Je reconnais volontiers quelle, malgré une plume bancale, n'est littérairement pas dénué de tout intérêt, la construction du récit est même assez originale et peu banale pour passer inapercue. On sent aussi que Bégaudeau sait de quoi il parle, "Entre les murs" traite de l'école dans des quartiers dits "difficiles" et on sent que l'auteur a été profs dans ces quartiers là. D'ordinaire, quand on trouve un livre de prof qui traite de l'école, on frémit, on se dit qu'enfin, quelqu'un traite le vaste sujet en explorant autre choses que les pistes évidentes, savonneuses et piégées que celles abordées systématiquement par un ministre ou un people quelconque. On lit Pennac, et putain que c'est bon, un prof qui parle de l'école d'un point de vue assez bien placé, avec de bons arguments et exemples, qui parle de sa matière et de l'intérêt qu'il y porte, ucomme_un_romann intérêt tel que ses classes seraient sorties de ses cours ravies et qu'en lisant ses textes on se dit qu'on aurait bien aimé l'avoir comme prof, le Pennac.
Bégaudeau, c'est autre chose. Bégaudeau, c'est la preuve que la majorité des profs ont embrassé une telle carrière parce qu'il y avait plus de vacances que dans les autres classes. Pas par passion du francais ni par fascination de la physique. Le vrai passioné, lorsqu'il parle de l'école, ne peut s'empêcher de parler de sa matière. L'autre, quand il parle de l'école, oublie la matière qu'il enseigne. La mentionne, au mieux. Eh bien Bégaudeau, c'est un peu ca. La majeure partie des cours racontés par l'auteur, c'est sa vaine poursuite d'un semblant de discipline et sa faculté à faire la police. A insulter les élèves, même, et à dire implicitement que les élèves sont totalement désintéressés des cours. Cherchez l'erreur...chagrin_d_ecole
En fait, je crois que Bégaudeau a recensé ses meilleures interventions pour ramener le calme et ses meilleurs vannes lancées à l'encontre de ses élèves. Une sorte de catalogue camouflé dans un roman sur l'école (et même, un roman dit "de société") dont l'intérêt ne me parait pas évident. Et j'irais même jusqu'à dire qu'on s'en fout un peu, de cette nomenclature et de cette victimisation du prof. Le fon est donc absent et la forme plutôt banale, malgré quelques originalités dans la construction hélas éclipsées par la platitude de la plume.
Cmme dirait l'autre, la vie est trop courte pour lire de mauvais livres.